Le " journal " de Rochefort, mesure agraire

 

Dans un article sur les anciennes mesures agraires, j'ai signalé quelques actes du XVIIe siècle montrant que le " journal " de Rochefort était l'équivalent de l'arpent de Paris (1). Cette mesure a dû être introduite dans la châtellenie après l'acquisition de cette dernière par le roi Philippe le Bel, au tout début du XIVe siècle. Toujours est-il qu'en 1312, c'est en "arpents " de cent carreaux que le châtelain de Rochefort évalue la superficie d'une terre de la paroisse : "... nous, Guillaume de Gomarville, châtelain dessus dit, et Guillaume Perrin, dessus nommé, avons baillé à Pierre de Moustiers, valet de notre seigneur le dit roi, une pièce de terre appelée la Tercerie, en quoi il y a quatre-vingts et un arpents et quarante cinq carreaux, dont les cent carreaux font l'arpent... le samedi après la mi-août, l'an de grâce mil trois cents et douze " (2).

En 1704, le notaire rochefortais Tessier est plus précis, dans des actes concernant des terres sises en un article du fief du prieuré Notre-Dame appelé la Morandelerie. Il signale que ces terres ont été arpentées "avec une chaîne de fil d'archal de dix-huit pieds de longueur, mesure de Paris, les cent chaînes carrées faisant un journal " (3 avril 1704) ; "avec une chaîne de fil d'archal de dix huit pieds de longueur, chaque pied faisant douces pouces de long, mesure de Paris, les cent carreaux faisant un journal " (19 décembre 1704) (3).

J'ignore s'il subsiste de ces chaînes en laiton dans quelque musée. On sait que ce journal valait environ 34 ares 19 centiares et qu'à partir de l'utilisation du système décimal il a été pris pour 1/3 d'hectare.

Notes

(1) Bulletin de la Société de Géographie de Rochefort, 3e série, 1990, n° 5, p. 27-36.
(2)
Archives Historiques de la Saintonge et de l'Aunis, tome XII, 1884, p. 147-149.
(3) D'après des relevés de Robert Fontaine.

Publié dans Roccafortis, bulletin de la Société de Géographie de Rochefort, 3e série, tome III, n° 18, septembre 1996, p. 95..