NOTES SUR LES COÛTRES DE LA COLLÉGIALE

SAINT-HILAIRE DE POITIERS (1)

 

Les coûtres étaient étymologiquement des gardiens - custodes en latin - mais leur service comportait des obligations diverses. Ils constituaient un corps de rang inférieur dans la hiérarchie très stricte des desservants de la collégiale, de sorte que leurs noms ne figurent guère dans les actes d'administration générale. On peut cependant glaner sur eux des renseignements non négligeables, notamment dans quelques textes qui les concernent directement.

Ils sont désignés dès 1166, dans un traité passé entre le chapitre de Saint-Hilaire et l'abbaye de Montierneuf, au sujet de la fête de la translation de saint Nicolas, célébrée au mois de mai dans l'église Saint-Nicolas qui dépend de Montierneuf. Il est alors convenu que, pour la célébration de la fête, le couvent de Saint-Hilaire prendra place à droite du choeur, les moines de Montierneuf se tenant à gauche, et que la messe sera célébrée par l'hebdomadier de Saint-Hilaire, avec l'assistance des clercs de son église. Tous les desservants, y compris le coûtre qui apportera les chapes préparées pour la messe, mangeront ce jour-là au réfectoire avec les moines.

On connaît des noms de coûtres depuis le XIIe siècle : Arbert de Furigny et Pierre, en 1178, A. d'Estables, P. Bonneau et Fouque, en 1215, figurent comme témoins dans des actes, en fin de listes il est vrai. Au XIIIe siècle, on les voit participer à des réceptions ou repas coutumiers, avec les clercs du chapitre : repas à l'occasion des processions des Rogations, qu'ils suivent au nombre de quinze ; réception la veille de la saint Porchaire, quand le prieur de Saint-Porchaire offre au chapitre de Saint-Hilaire " bon vin blanc, piment (2) et oublies ". Leur rémunération est entrevue en 1305, dans des statuts du chapitre qui prévoient une prébende pour eux, et leur nomination apparaît en 1358 comme une prérogative du trésorier. Cependant, ce n'est qu'à partir du XVe siècle que les renseignements deviennent plus nombreux et relativement précis.

Leur service et leurs droits

Dans une transaction datée du 10 novembre 1438, qui nous fait connaître leurs services et leurs droits, les coûtres apparaissent toujours au nombre de quinze. Chaque jour, trois d'entre eux doivent " servir dans l'église et y coucher, pour la garder à leurs périls et dépens, selon la coutume ". Comme ils suivent le régime de l'"hebdomade", qui est en usage à Saint-Hilaire, ils sont ainsi pris une semaine sur cinq. Ils sont tenus de " sonner les heures [canoniales], les anniversaires à deux grands sains et les eschilles et tierciers aux vêpres, messes et matines des fêtes à double ". En 1590, lors de l'écroulement du grand clocher, les deux plus grands sains sont Mirable, pesant 12 000 livres, et Marie, pesant 10  000 livres; les deux tierciers pèsent ensemble 4 000 livres. Les premiers exigent chacun quatre sonneurs ; pour chaque tiercier il faut deux sonneurs.

Les coûtres doivent aussi porter la croix à toutes les processions dans l'église et au dehors, ordinaires et extraordinaires, nettoyer chaque semaine le choeur de l'église, à l'intérieur des gervis (3), et l'église entière et les cloîtres aux six " fêtes annuelles " (Noël, Saint Hilaire, Pâques, Pentecôte, Mi-août, Toussaint). Ils servent en l'église en surplis, barbe et tonsure rases, selon la coutume.

Au titre d'une des trente-six prébendes, ils réclamaient leur part dans les " distributions et anniversaires " et leur part des blés et vins de Rouillé, Benassay, Masseuil et Chantelle, " venant à la recette de la grand bourse du chapitre ", ce que réfutaient les chanoines. Par transaction, ils recevront " 24 livres de monnaie courante actuelle, à la valeur de 30 sous pour réau ; 24 setiers de blé, mesure de Poitiers, par tiers froment, seigle et baillarge ; payables argent et blés en quatre quarterons annuels, à commencer à la saint Michel dernièrement passée ". Ils renoncent à tout autre avantage, sauf fondations en leur faveur et quelques anniversaires.

Un état de services postérieur mentionne qu'ils "seront tenus aller querir a la fontaine, chacun jour, la plaine buie d'étain d'eau claire et mettre semblablement le vin pour célébrer les messes en ladite église ". Certains de ces services donnent lieu à gratification. Ainsi, dans un état des dépenses occasionnées par " les processions des grandes rogations dernières ", daté du 3 juin 1623, on relève : " le coustre qui porte la croix, le porte-bannière, à chacun X sous.... ; les coustres et custodes de ladite église (dénommés au nombre de quinze), à chacun VIII sous ".

Le chapitre se charge de les rappeler à l'ordre en cas de manquement. En 1680 ou 1681, il leur enjoint de sonner tous les soirs, à l'heure ordinaire, l'Ave Maria, " vulgairement le sérault ", sous peine de dix sous d'amende. Un arrêt de 1702 prévoit même leur " correction " : dans les cas graves, le chapitre peut les suspendre ou les destituer ; pour les fautes légères commises dans l'église, le trésorier a pouvoir de leur faire " les avertissements nécessaires, sur le champ ou après l'office ". Cette disposition semble bien ne concerner que les " alloués " ou " commis " des coûtres en titre, qui, comme nous le verrons, se déchargent de leur service sur de petites gens.

Pour leur service de nuit, les coûtres dorment dans " la chambre des coûtres ", accolée à l'église, qui est désignée à plusieurs reprises. Ainsi, dans son testament en date du 17 octobre 1404, le trésorier Ascelin Royne " ordonne sa sépulture " en l'église Saint-Hilaire, " entre les deux piliers, près la chambre aux coustres ". Cette chambre est en piteux état le 21 août 1577, à en juger d'après un devis de réparations à faire à l'église : " ... Plus avons vu et visité un grand arceau étant au dessous et joignant lesdites galeries, sur lequel est assise la chambre et autre logis des coustres et custodes d'icelle église : les deux piliers duquel arceau sont pourris et gâtés par le pied à la raison de quinze pieds de haut ou environ ; convient receper en bref, autrement les maisons et édifices étants sur lesdits piliers tomberont bientôt par terre... Plus avons visité les pignons dudit logis des coustres, qui est joignant le pignon d'icelle église; lesquels pignons avons trouvés partie fondus et crevés ; ... et faut refaire lesdits pignons dudit logis desdits coustres et murailles étants entre iceux tout à neuf, contenant le tout quatre toises de largeur et six toises de hauteur, avec la croisée étant desdites murailles.. ".

On possède quelques détails sur l'organisation de la garde de l'église en cette année 1577, à l'occasion d'un vol exceptionnel, qui concerne la chapelle royale. En effet, le mardi 2 juillet de cette année, le roi Henri III a fait son entrée solennelle en Saint-Hilaire. Selon le rituel accoutumé, il a pris l'eau bénite, baisé la croix, revêtu l'aumusse et le surplis et fait serment sur les évangiles de protéger l'église, conserver ses droits, privilèges et franchises. Il s'est installé au doyenné, accompagné de deux chapelains qui ont pris possession du grand autel où ils assurent leurs services habituels, avec l'argenterie royale. Le dimanche 7 juillet, après vêpres, les chapelains rangent les joyaux dans deux bahuts qu'ils laissent à proximité de l'autel. Le lendemain matin, ils découvrent l'un des bahuts éventré et vidé d'une partie de son contenu. Grand émoi au chapitre. Le sénéchal du bourg de Saint-Hilaire est mandé pour une enquête, dont le procès-verbal a été conservé.

Le rapport met en cause un jeune coûtre venant de prendre sa semaine de garde, Michel Tribouillard, qui a commis l'imprudence de ne pas coucher en la chambre des coûtres, la nuit du larcin, enfreignant ainsi les prescriptions. C'est d'ailleurs, malchance, la première fois depuis que le roi séjourne à Saint-Hilaire. Interrogé sur la raison de cette défaillance, il allègue que ses voisins se moquaient de lui parce qu'il ne couchait pas avec sa jeune femme. Il déclare être natif du village de Furigny, paroisse de Neuville, être âgé de vingt ans ou environ et résider au domicile de son beau-père, Jean Chaigne, en la paroisse Sainte-Triaise, tout près de l'église. Il assume la charge de coûtre depuis plusieurs années, en collaboration avec son beau-père pour l'ouverture et la fermeture des portes. Il exerce la profession de laboureur à bras, sous la direction de son beau-père qui, le lundi matin, sur les cinq heures, l'envoie " en métive " en lui disant : " Prend tes faucilles et t'en vas quand tu voudras cheux Boyreau, et faits racoutrer tes faucilles cheux le maréchal ". Aussi, aussitôt après s'être acquitté de l'ouverture d'une porte de l'église, il gagne la terre du dit Boyreau, au tènement de Montgorge, en passant " par l'étang, du côté des maisons, hors la porte de la Tranchée ". C'est là qu'un sergent vient le chercher pour répondre du larcin. Sa femme, Martine Chaigne, âgée d'environ dix-sept ans, a passé son dimanche à garder ses brebis au champ et n'est retournée à la maison que vers huit heures du soir. Les dépositions du gendre et du beau-père divergeant sur plusieurs points, le sénéchal les fait emprisonner. La suite nous échappe. On notera cependant que la chambre où Michel Tribouillard aurait dû dormir se trouvait " dans le clocher ". On ne saurait s'en étonner, attendu l'état de la " chambre des coûtres " constaté le 21 août suivant.

Michel Tribouillard est toujours en charge en 1590. Cette année-là, à l'occasion de la fête de saint Hilaire, un chapelain tend " les parements hauts et bas du grand autel d'icelle église, l'un d'iceux parements étant de drap d'or et les autres de satin ", à la manière accoutumée pour " les fêtes annuelles de ladite église ". Le grand hebdomadier, chargé du luminaire, commet l'imprudence de laisser allumé, trop près des parements, un cierge qui les consume en partie, dans la nuit du 13 au 14 janvier. A cette fois, le coûtre couche bien dans l'église, mais il a abandonné le clocher pour " la chambre où est l'horloge ". Sage précaution, car le clocher s'effondrera quelques jours plus tard, le 22 janvier. Il n'est pas mis en cause par le sénéchal, le même qu'en 1577, parce qu'il a fait ce qu'il a pu pour maîtriser l'incendie. Réveillé par l'odeur de la fumée, il a tenté de " tuer " le feu de ses mains mais, impuissant, il a couru à son logis tout proche chercher " un seilleau plein d'eau " qui lui a permis d'éviter le pire. Dans sa déposition, il dit être âgé d'environ vingt-sept ans, alors qu'il affirmait en avoir vingt treize ans plus tôt. Quelle est la vérité ? Il ajoute que " dès son jeune âge, il a fait sa résidence et service en ladite église comme coustre et custode d'icelle et par succession ses père et ancêtres ". A quel âge a-t-il été pourvu ? Dans le même acte, on voit un garçon de treize ans également qualifié de coûtre. Ces coûtres enfants sont-ils aptes à garder les reliquaires et autres joyaux de l'église ? Il est probable qu'on les confine à des tâches mineures. On arrive même à exempter certains de service, à cause de leur jeune âge ou parce qu'ils vont aux écoles.

Privilèges

En qualité de membres du collège, les coûtres sont exempts d'impositions. Ainsi, le 15 octobre 1364, le sénéchal de Poitou défend aux receveurs du fouage levé pour le prince d'Aquitaine de les comprendre dans le rôle de la paroisse de Neuville, parce qu'ils sont exempts de taille. En juillet 1577, probablement à l'occasion de son séjour au doyenné, le roi Henri III confirme leurs privilèges en ces termes : " ... à cause de leurs offices ou charges de coustres, ils sont du corps du collège de ladite église, clercs tonsurés, portant toujours les draps et habits ecclésiastiques, dédiés au divin service, résidant jour et nuit ou leurs alloués par eux en ladite église, pour la garde des saints reliquaires et ornements du trésor d'icelle, et sont du nombre, toutefois distincts, des prébendiers de ladite église; pour laquelle cause, dès l'élection, institution et fondation d'icelle église, eux et leurs prédécesseurs coustres furent exemptés par les rois de France nos prédécesseurs, fondateurs et abbés de ladite église, tenus, laissés, réputés francs, quittes et exempts de payer et contribuer à aucune de nos tailles, subsides et impôts et autre subvention quelconque..., tout ainsi que sont les chanoines et autres du corps, couvent et collège de ladite église..., de laquelle sommes chef, abbé et fondateur... ".  

Les risques

Ils sont grands : les coûtres doivent rembourser tout objet en leur garde qui a disparu par leur faute ou leur négligence. Or certains joyaux représentent des sommes qui dépassent leur part annuelle d'une simple prébende. Pour la période 1480-1485, on les voit obligés de payer la valeur d'une navette d'argent qui s'était perdue par leur faute. Le 2 novembre 1506, sont dérobés en l'église " la grand croix processionnelle avec son bâton d'argent et une autre petite croix où il y avait du bois de la vraie croix, laquelle l'on met sur le grand autel quant messieurs les hebdomadiers disent la grand messe..., estimées 60 livres 10 sous ; un calice doré estimé 32 livres ; deux quenettes et la paix, estimés 23 livres 7 sous 6 deniers. En tout 115 livres 17 sous 6 deniers ". Le 28 avril 1507, l'orfèvre Louis de Villiers délivre au chapitre un reçu de la somme de 92 livres " pour faire une croix ", que lui ont versée les coûtres Jean Godu, Hilairet Papineau et Lyon Maindrou, qui étaient de service lors du vol. La nouvelle croix vaut plus cher que l'ancienne ! Ce doit être cette croix qui est désignée en mai 1562, dans un état des objets précieux que les chanoines se partagent pour les sauver du pillage des huguenots : " une grande croix couverte d'argent doré à pierreries et que les coustres portaient aux processions des Rogations et des Rameaux ", et dans un inventaire du 14 mars 1612 : "  S'ensuit l'argenterie de ladite église. Premièrement une croix d'argent doré en quelques endroits, que l'on porte ordinairement en procession, étant de deux pieds et demi de long ou environ ; laquelle est gardée par les coûtres de ladite église... ".

Au début du XVIIIe siècle, ils sont poursuivis comme responsables du vol d'un devant d'autel de velours cramoisi, parsemé de fleurs de lis d'or fin. Quelques années plus tard, le registre des actes capitulaires mentionne la recette d'une somme de 240 livres payée par eux pour ce devant d'autel. La procédure a été longue, mais la facture est salée. Dans la nuit du 14 janvier 1710, la lampe d'argent suspendue devant le grand autel est dérobée, bien que trois jeunes gens gagés par les coûtres aient couché dans l'église, selon les prescriptions. Il s'ensuit un procès entre les chanoines d'une part, Jean Audinet, docteur en théologie, curé de Saint-Michel, Pierre Mercier, laboureur, le sieur Boutin, marchand, et Joseph Petit, sellier, coûtres, d'autre part, le chapitre réclamant aux quatre responsables la valeur de la lampe. Le procès dure au moins jusqu'en 1730, porté d'abord devant le conservateur des privilèges royaux de l'Université de Poitiers, puis, par appel, au parlement.

Un arrêt du conseil privé du roi daté de 1702 permet d'apprécier le risque encouru dans l'exercice de leur office : ils sont tenus de donner à leur entrée en charge une caution pouvant atteindre 500 livres. Une telle somme ne peut être déposée que par des personnes disposant de revenus non négligeables... et qui ne sonnent probablement pas les " gros sains " et ne vont pas quérir l'eau à la fontaine.

Dérèglement de l'institution

En effet, l'institution est à la dérive depuis longtemps. On a vu qu'en 1577 le service de garde nocturne est assuré par un jeune laboureur à bras, qui n'est probablement pas tonsuré et qui déclare avoir reçu sa charge en héritage. La même année, dans l'acte par lequel il reconnaît les privilèges de l'église, le roi admet l'existence d'"alloués", qui effectuent le service au lieu et place des coûtres en titre. Depuis plus d'un siècle, les coûtreries sont considérées comme des " bénéfices ", qui se transmettent par héritage ou par vente. C'est ce qui ressort d'un jugement de la sénéchaussée de Poitiers, du 2 novembre 1462, qui constate qu'une coûtrerie a été vendue et qui accorde le droit de retrait lignager au fils du vendeur. Thibaudeau, historien du Poitou, signale un arrêt du parlement de Paris de l'an 1614 qui déclare ces offices vénaux et héréditaires, affectés aux aînés des familles, le chapitre en donnant des provisions sur la démission ou par la mort de l'ancien pourvu. Il faut rectifier " chapitre " par " trésorier ". En effet, une transaction du 7 mars 1617, entre le trésorier d'une part, le doyen et le chapitre d'autre part, confirme au trésorier et à ses successeurs trésoriers, " la provision et collation et toutes autres dispositions des quinze coustres ou custodes de ladite église ... " et aux doyen et chanoines la réception des mêmes coûtres et le soin de leur faire faire le serment, sur la provision du trésorier.

Un autre arrêt du parlement, en date de juillet 1634, tente de mettre de l'ordre dans l'institution en ordonnant aux coûtres de servir en personne. L'acte de collation suivant y fait référence, en 1663 :
" Bonaventure Irland, trésorier, première et principale dignité de Saint-Hilaire le Grand de Poitiers, chancelier de l'université de cette dite ville, conseiller du roi en ses conseils d'État et privé, contrôleur général de la maison de la reine mère, ... savoir faisons que, de toute antiquité et temps immémorable, la collation, provision et toutes autres dispositions des quinze coustreries, autrement custodes, de ladite église de Saint-Hilaire le Grand nous appartient, à cause de notre dignité de trésorier dudit Saint-Hilaire, la réception et le service d'iceux au chapitre de ladite église. A ces causes, pour le bon et louable rapport qui nous a été fait de la personne de maistre Jehan Boullier, sieur de la Rente, ayant la résignation de l'une des quinze coustreries de ladite église de Saint- Hilaire, que nous avons ce jour d'huy admise et admettons, ... lui [à Boullier] avons donné et conféré, donnons et conférons une des quinze coustreries..., pour en jouir par ledit Boullier comme faisait et font les autres coustres et custodes, suivant et conformément à l'arrêt de nos seigneurs de parlement du vingt-sixième juillet mil six cens trente quatre..., et en faisant par ledit Boullier le serment en tel cas requis et accoutumé être fait en ladite église et chapitre par les coustres, et servant en personne, comme font et sont tous obligés faire les autres coustres suivant et au désir dudit arrêt, moyennant le serment de fidélité qu'il nous a prêté, en tel cas requis et accoutumé, de conserver et garder les droits et appartenances de ladite coustrerie et ne permettre aucune chose en être aliéné ; mandant au premier notaire de notre châtellenie d'Estables mettre ledit Boullier en possession réelle et actuelle de ladite coustrerie, fruits, profits, revenus et émoluments d'icelle, sauf notre droit ... ". Il est dommage que je ne puisse reproduire l'acte de prise de possession qu'a dû instrumenter le notaire d'Etables, ces actes ne manquant généralement pas de pittoresque.

Pourtant, à la veille de la Révolution, on est revenu à l'état du XVIe siècle, au témoignage de Thibaudeau qui signale que les coûtres " ne sont plus obligés de porter l'habit ecclésiastique ; ils sont même mariés pour la plupart et ils font faire le service ordinaire par des commis qui sont agréés par le chapitre ". On ne s'étonne pas que le régime des "bénéfices " soit alors décrié, y compris par une partie du clergé.

 

Notes

(1) Ces notes ont été rédigées uniquement à l'aide de la documentation de ma bibliothèque. Ce sont essentiellement : - "Documents pour l'histoire de l'église de St-Hilaire de Poitiers", dans Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, années 1847 et 1852 - Inventaire sommaire des Archives Départementales antérieures à 1790; Vienne, archives ecclésiastiques, série G., numéros 1 à 1343, tome premier; Poitiers, imprimerie Tolmer et cie, 1883, pages 71-191 - H. Beauchet-Filleau, Pouillé du diocèse de Poitiers, Niort et Poitiers, 1869 - Thibaudeau, Histoire du Poitou, édition De Sainte-Hermine, Robin et cie, Niort, 1839.
(2) Piment : vin parfumé de miel et d'épices.
(3) Gervis : mot local désignant en général toute sorte de grillage; ici les barreaux isolant le choeur.

Non publié.