LE FIEF D'HARCOURT À CHAUVIGNY EN 1430

 

 Porte d'entrée du château d'Harcourt

 

Les comptes de recettes et de dépenses sont parmi les plus intéressants des documents qui permettent d'étudier un fief à haute époque. Ils sont en effet plus complets que les censifs, qui ignorent le domaine réservé, et l'état des dépenses met en évidence la gestion du fief, parfois avec des détails inattendus. En publiant un compte d'Harcourt daté de 1430, H. Beauchet-Filleau a signalé l'intérêt de ce genre de texte (1). Aussi, dans sa "Notice" sur Chauvigny, Ch. Tranchant n'a pas manqué d'en mettre à profit les indications essentielles (2). Cette note a pour objet de présenter plus complètement le même fief d'Harcourt, d'après le même compte (3). Il faut cependant signaler les limites de notre documentation : d'une part le compte ne concerne qu'une demie année; d'autre part le receveur a négligé de préciser les confrontations de certains articles, voire leur localisation, se contentant de renvoyer à des comptes antérieurs (4). On n'entrevoit donc que partiellement le fief mais avec d'intéressantes précisions sur certains aspects.

Le fief comprend essentiellement des terres sises dans la châtellenie de Chauvigny. Cependant y sont rattachées des terres relevant de l'évêché de Poitiers mais éloignées du château, à Conflans et à la Pératte (5), qui sont également dépendantes d'Harcourt en 1447. L'acte d'échange bien connu, en date du 21 mai 1447, entre l'évêque de Poitiers et le vicomte de Châtellerault, mentionne en effet : "le chastel et chastellenie, terre et seigneurie de Harecourt, assis à Chauvigny, ensemble les terres de Conflans et de la Pérate", le tout étant "tenu par hommage dudit Très Révérend à cause de son chastel et baronnie de Chauvigny"(6). Nous ne retenons ici que ce qui concerne la châtellenie de Chauvigny, faute de renseignements sur les dépendances éloignées.

Le seigneur et ses officiers

Le seigneur, Jean IV d'Harcourt, titulaire de nombreux fiefs autrement importants, ne doit pas séjourner souvent à Chauvigny. En tout cas, s'il y vient pour quelque affaire, il ne loge probablement pas au château dont l'état, quand nous le découvrons, est révélateur d'une évidente négligence d'entretien. La "salle haute" au moins est inutilisable ; la couverture est détériorée, au point qu'il "y pleut partout", avec risque d'écroulement des murs. Les couvreurs Jean Faure et Hervé Charbonnier sont alors chargés de la réfection de la toiture et le cloutier Jean Guyot est sollicité pour fournir un millier de clous à latte. Quant à la "salle basse" et à "la chambre qui est auprès", elles nécessitent une sérieuse toilette, puisque le nommé Pierre Penart passe deux jours à les nettoyer.

Le seigneur éloigné est représenté sur place par un petit groupe d'officiers réduit à l'indispensable. Disposant de toute justice, haute, moyenne et basse, il lui faut assurer l'exercice de cette justice dans des conditions décentes. Pour ce faire, il entretient un sénéchal, seul juge, "tant en assise qu'à jour sur semaine", auquel il donne 10 livres par an, augmentées du produit de la location de quelques maisons. En 1430, c'est un certain Pierre Rivaut qui tient l'office ; nous ignorons son origine et sa qualification. Les arrêts sont transcrits en un rôle de parchemin, qui est signé du greffier, scellé du sceau du sénéchal et présenté à des vérificateurs, en même temps que le compte du receveur.

Il existe deux procureurs, l'un au civil, l'autre au criminel. Cependant le procureur civil est aussi receveur ; c'est Mathelin Laurens, un clerc, qui se dit également châtelain dans son compte. Il gère le patrimoine, sous le contrôle d'officiers de la vicomté de Châtellerault. En rémunération de cette charge complexe, il reçoit annuellement 20 livres, plus 12 bardeaux de foin pour son cheval, animal indispensable pour parcourir la campagne, en quête des "devoirs" des tenanciers, ou pour gagner de temps à autre Châtellerault, afin de régler telle ou telle question. Des 15 bardeaux produits par le "pré de Groussart", il ne reste ainsi que 3 bardeaux dans le fenil d'Harcourt quand le cheval du receveur a consommé son dû. Quant au procureur criminel, Perrin de la Salle, il cumule cette charge avec celle de greffier, pour 3 livres par an en tout.

Le seul homme d'arme entretenu est un "capitaine du château", qui est gratifié de 10 livres annuelles; c'est un nommé Louis de Montfreule, dont nous ne savons rien d'autre. Ainsi, "Monseigneur" entretient quatre officiers seulement, pour six offices; il lui en coûte 43 livres annuellement.

Le compte de Mathelin Laurens

La demie année qui fait l'objet du compte de Mathelin Laurens commence le jour de Pâques (16 avril) et se termine la veille de la Saint Michel (28 septembre). Le compte a été vérifié et clos à Châtellerault, "en l'hôtel" du seigneur, les 8 et 9 novembre 1430, par un conseiller et un secrétaire du seigneur commis à cet effet. Le receveur distingue "domaine fieffé" et "fermes muables". Le premier est ce qu'on appelle aujourd'hui la censive, c'est-à-dire les biens fonciers tenus du seigneur à titre héréditaire, à charge de "devoirs" annuels appelés cens, rentes, taillées... Sous le titre général "fermes muables", Mathelin Laurens range les parties du domaine qui sont baillées à ferme à des particuliers, pour un temps déterminé. A ces revenus s'ajoutent des recettes afférentes à l'exercice de la justice et aux prérogatives des seigneurs hauts justiciers.

Le domaine réservé

Il est limité à l'essentiel : un four banal, un moulin, quelques prés, maisons et terres. Le four est affermé à un certain Perrot Milon, pour un peu plus de 4 livres annuelles, à payer par quarterons, c'est-à-dire en quatre parties. Son emplacement n'est pas indiqué ; cependant on apprend qu'il en a remplacé un autre qui se trouvait au carroir Piet. Le "moulin de Milec", sis en Barrières (7), est baillé à ferme à un meunier nommé Jean Le Seynne, qui doit chaque année environ 24 "mines" de froment et autant de "mouture", à livrer en quatre termes, dont la Notre-Dame de mars et la Saint Jean-Baptiste.

Les prés sont au nombre de trois, auxquels s'ajoutent des prés possédés en commun avec l'évêque baron. Un seul, dit "pré de Groussart", est réservé à l'approvisionnement du château en foin ; l'herbe des autres est vendue aux enchères. Ce pré est fauché à prix fait, par trois faucheurs, pour 15 sous en tout, vers la Saint Jean. Les autres travaux sont effectués au titre du "bian de la Treille" ; il s'agit d'une obligation contractuelle de tenanciers, qui est d'ailleurs rémunérée. C'est ainsi que huit femmes "fanent, épandent et amassent" l'herbe, en recevant chacune 3 oboles ; cinq hommes "amassent et lient" le foin, pour chacun 2 deniers ; puis six autres hommes assurent le transport, du pré au fenil du château, avec leurs six "bêtes", pour chacun 4 deniers. Les personnes soumises au bian font l'objet d'une attention : elles se désaltèrent de cerises offertes par le seigneur. A cette fin, une "somme" de cerises est apportée du village d'Anzec, par un sergent qui l'a reçue des habitants du village, le dimanche avant la Saint Jean, selon la coutume. Le pré produit 15 bardeaux de foin pour cette année 1430.

Les deux prés dont l'herbe est vendue sont le "pré du Pontereau" et celui "de dessous la maison Thomas Bernier". C'est Louis de Montfreule, le capitaine du château, qui les achète, aux enchères, respectivement pour 15 sous et 12 sous 6 deniers. L'herbe des prés communs avec l'évêque est également vendue au plus offrant, en l'occurrence le même de Montfreule, pour 15  sous.

Le domaine réservé comprend également des maisons, non localisées, qui sont mentionnées fortuitement comme "louées" au bénéfice du capitaine du château, et "les grands poys [puys] de Chauvigny", baillés à ferme à Jehan Josseaume, pour un an commençant à la Saint Jean, en quatre termes de 4 sous.

La censive et ses revenus

Dans la ville, la censive n'apparaît que confusément. En ville haute, "devant le château", des "logis de la Mote" doivent annuellement 6 livres 19 sous à la Saint Jean, tant de cens que de rentes. On aimerait avoir un état détaillé de ces logis, au moins pour connaître leur nombre. Toutefois, on ne s'étonne pas de leur emplacement, en contact avec le château dont ils ne sont séparés que par une voie étroite.

En ville basse, on repère deux logis en Barrières, près du moulin de Millé : à Jehan Claveau dit du Puy, qui doit 5 sous à la Saint Jean ; à messire Guillaume Petit, près du moulin et d'une tannerie, qui doit 5 sous par an, à la Saint Jean et à Noël par moitié. Au carroir Piet, les hoirs feu Pierre Chevrer ont une maison où était autrefois le four du seigneur ; elle jouxte la "maison Jehanne Piete" ; elle est grevée de 6 sous à la mi-août. Une "grant maison" à Aimery Josseame, sise "au querroy" (mais lequel ?) doit 6 livres de rente par an, à Noël et à la Saint Jean par moitié. Le compte fait aussi état de maisons non localisées et de baux récents, sans autre précision. Il faut bien se contenter de ces données trop sommaires ; on remarque cependant que les redevances sont relativement élevées : de 5 à 20 sous annuellement.

Le "bian de la Treille" permet de constater que le seigneur d'Harcourt a autorité sur 21  foyers de cette rue (actuelle rue de la Paix). Ce nombre doit s'approcher de celui des maisons de la rue, côté ouest, qui ne sont pas de la seigneurie d'Artiges. Cependant, il n'est pas certain que ces maisons fassent partie de la censive, le seigneur d'Harcourt disposant par ailleurs de droits dans la censive de l'évêque.

On connaît en tout cas les noms des habitants : Robin Texier, Alexandre Jadot et Mathé Savari, qui sont requis comme faucheurs; la femme à Gilet de la Pouge, la fille Guillon Quinsac, la femme Joyeux Gaschart, la femme Jehan Sauner, la femme Pierre Foucher, la femme Thomas Picart, la Jobbrayze, la femme à Mathelin Thibaut, qui constituent le bataillon des faneuses; Clémens Roy, Jehan Pasqueteau, Laurent Herbert, Huguet de la Coste, Guillaume Chalache, qui amassent et lient le foin; Colas Clavel, Jehan Robin dit Perricaut, Mathelin Didoayre, Jehan Blanchart, Perrot Guyet, Raoulet Morin, qui assurent le transport au fenil du seigneur, avec leurs animaux.

Un moulin situé sur la Vienne, "au-dessous du pont" de Chauvigny et comportant les habituelles dépendances (écluse et pêcherie), est tenu à rente, pour 8 livres par an, payables aux termes de Saint Michel et Pâques par moitié.

Hors de Chauvigny, la censive apparaît dispersée. Des cens sont perçus à Virec et à la Brianderie (8), à la mi-août, pour un total de 18 sous 6 deniers, aux Barbalières, aux termes de Noël, Pâques et la Saint Jean, par égales portions, pour 15 sous. Une "cense de Lauzon", qui n'est pas plus précisément désignée, rapporte 10 sous à la mi-août. Les "taillées" sont plus rémunératrices. Celle de Virec s'élève à plus de 11 livres par an; elle est payée en deux termes, mi-août et Noël par moitié. Celle dite "de Gâtine" vaut 7 livres 17  sous à la mi-août, celle d'Anzec un peu plus de 4 livres, au même terme. Par contre, celles de Cubord et de Puymarein sont d'un revenu modeste : 14 sous à la mi-août pour la première, 8  sous 2 deniers au même terme pour la seconde.

Pour percevoir ces redevances, le seigneur fait l'économie de déplacements du receveur en en confiant la perception à des "sergents fieffés". Ainsi la taillée de Virec a été levée autrefois par un de ces sergents mais elle est perçue actuellement par la main du receveur. Feue Margot de Gâtine "souloit lever" celle de Gâtine, qui est à présent "levée par la main de Monseigneur". Celle d'Anzec est en cette année 1430 perçue par un sergent fieffé nommé Jehan Guyret.

Il n'est pas question de "terrages", redevances proportionnelles aux récoltes, mais des agneaux sont requis à Anzec et dans plusieurs villages de la paroisse des Églises. A Anzec, ce sont neuf agneaux qui sont exigés, chaque année, le jour de la Saint Barnabé (11 juin); ils sont "assemblés" par un sergent fieffé du lieu, nommé Mery du Bois. A la Chauvalière, à la Triaudière, à la Petite et à la Grande Foucaude, à la Brigère, aux Brelaisières, les habitants doivent un agneau par maison, mais seulement s'ils en ont deux ou plus. Ils ne sont donc pas obligés d'élever des brebis. Aussi, en 1430, seule la Chauvalière fournit quatre agneaux, les autres villages n'ayant pas de brebis. Le receveur signale, à propos des villages des Églises : "bien que lesdits villages soient en la terre de l'évêque". Cette précision donne un aperçu de la complexité des situations. Les treize agneaux sont ensuite vendus, à 2 sous 6  deniers pièce, de sorte que le receveur peut inscrire en recette, pour cette vente, la somme de 32 sous 6 deniers.

Loin de Chauvigny, le "moulin de Verre", établi sur le Clain, dans la commune de Saint-Georges-les-Baillargeaux, dépend lui aussi d'Harcourt. Un certain Robinet Beloire doit sur ce moulin un cens annuel de 5 sous à la mi-août.

Autres recettes

Le compte mentionne également une "quête due en la terre de l'évêque de Poitiers", qui rapporte 108 sous annuellement, en trois termes, Noël, Pâques et la Saint Jean, par tiers. A cette somme s'ajoutent 6 sous, à la mi-août, qui sont payés par "les Berton des Brelaisières" pour affranchir un homme "en la terre de l'évêque de Poictiers", du devoir de cette quête.

Outre les revenus de la censive et du domaine réservé, le seigneur dispose de rentrées occasionnelles. Le "rachat" pour mutation de fiefs est de celles-ci mais il n'y en a pas dans cette demie année 1430. Les "ventes et honneurs", perçus en cas de ventes de tenures ne rapportent que 6 livres et 12 sous dans le même temps. On mentionnera aussi, ne serait-ce qu'à titre anecdotique, la vente, pour 50 sous, de deux ânesses trouvées "épaves" dans la terre du seigneur et, comme telles, propriété de ce dernier.

Au chapitre des recettes d'une châtellenie figurent d'ordinaire les revenus des péages et de droits divers. Le seigneur d'Harcourt a un péage à Chauvigny, qui est affermé pour un an à un marchand local, Bertrand Balavoine, pour 9 livres 15 sous, à payer en quatre fois. La forêt de Mareuille est du domaine de la baronnie, mais Harcourt y a le pasquier des porcs, c'est-à-dire le droit d'y accueillir des porcs à la glandée, dans des secteurs déterminés, moyennant une redevance. La recette de l'an 1429 est consignée dans le rapport de 1430 : 3 porcs seulement ont été inscrits, pour chacun 4 deniers, de sorte que ce revenu est presque négligeable. Le "pasquier d'Archigny" est aussi à l'évêque mais le seigneur d'Harcourt perçoit un tiers des recettes, "en certains villages et lieux". Pour l'an 1429, le receveur a noté une recette de 10 sous pour cet article.

On ne trouve pas d'autre trace de droits sur les transactions lors de foires ou marchés qu'une "paumée" de sel, due sur chaque charrette ou chariot apportant du sel à Chauvigny, "le lundi et le jeudi ou aultre jour s'il est foyre". Trois marchands de Chauvigny, Jean Le Donné, Bertrand Balavoine et Perrot Paris, paient 12 paumées de sel, pour les marchands forains qui apportent du sel dans la demie année. Ces 12 paumées sont ensuite vendues, pour 20 deniers.

Les essaims d'abeilles fixés dans les bois du seigneur sont la propriété de ce dernier, qui sait en tirer profit. Tout particulier qui désire s'en emparer doit demander l'autorisation, qui ne lui est pas accordée sans contrepartie. C'est ainsi que le compte de Mathelin Laurens comprend l'article suivant : "Cire - de Guillaume Alain, pour un essaim d'abeilles qu'il tient de Monseigneur, qu'il a pris es bois de Monseigneur par licence de la court, pour ce, pour la part de Monseigneur, 1 livre". Cette cire est ensuite vendue pour 3 sous 4 deniers.

Une coutume pascale

Au chapitre des dépenses, on remarque une coutume relative à la fête pascale. A la grand messe, le seigneur offre des "guastelles" de froment "à ceux du choeur" de l'église Saint-Pierre, c'est-à-dire aux chanoines et aux bacheliers, et deux jalons de vin sont répartis entre les communiants.

Les relations avec Châtellerault

Le receveur remet par fractions les produits du fief au seigneur, souvent à l'hôtel de la vicomté, à Châtellerault. C'est ainsi qu'il note avoir baillé 64 livres le 10 juillet et, sans mention de date, avoir livré 5 setiers et 12 boisseaux d'avoine, à la mesure de Châtellerault, "qui valent 7  mines et 7 boisseaux à la mesure de Chauvigny". Il fait un long séjour à Châtellerault, du 3 au 13 juillet, pour porter 54 livres en argent, mais le maître d'hôtel le charge d'acheter de l'avoine et, "parce qu'on ne pouvait finer", le retient pendant quelque temps. Il en coûte 4 livres 2  sous 6 deniers au seigneur, pour les frais du receveur et de son cheval.

Le 28 septembre, Mathelin Laurens est de nouveau à Châtellerault, où il est venu porter 12  livres en argent. Il doit encore attendre, pour obtenir sa quittance et une décharge pour de l'avoine qu'il a baillée, de sorte qu'il y demeure jusqu'au 30. Pour trois jours, il dépense 15  sous, pour lui et son cheval. On lui baille alors un mandement "pour contraindre les hommes du seigneur qui tiennent roturièrement de bailler par écrit et déclarations leurs tenances". Il s'agit des déclarations exigées périodiquement des tenanciers de la censive, qui sont destinées à mettre à jour les registres comportant les noms, les tenures et les redevances des censitaires.

Le dernier déplacement signalé est effectué pour la vérification du compte, du 7 au 9 novembre. Le receveur est absent de Chauvigny pendant quatre jours, "tant pour venir, séjourner que retourner" ; la dépense s'élève à 30 sous, à raison de 7 sous 6 deniers par jour.

Dans l'autre sens, le 5 juillet, "le seigneur et ses officiers" apportent au receveur de Chauvigny 9 setiers de froment à la mesure de Châtellerault, qui sont vendus pour 54 livres. A une date non indiquée, un fourrier du seigneur, nommé Champeigne, vient à Chauvigny pour quérir de l'avoine, accompagné de deux charretiers avec un chariot du seigneur. Les trois hommes sont logés chez Macé Barbaut, hôtelier, et ils dépensent 13 sous 4 deniers en pain, vin, pitance et foin.

Tels sont les principaux enseignements que Mathelin Laurens nous a transmis, par l'intermédiaire de Beauchet-Filleau. Pour avoir une idée plus complète de la composition et de la gestion du fief, il faudrait dépouiller l'ensemble de la documentation qui est conservée aux archives départementales. Peut-être notre essai incitera-t-il des chercheurs à effectuer ce travail. Il y a tant à faire pour reconstituer l'histoire de Chauvigny.

Notes

(1) "Le compte Mathelin Laurens, receveur de Chauvigny pour Monseigneur le conte de Harrecourt et d'Aubmale, vicomte de Chastellerault, pour demy an commençant à Pasques l'an mil CCCC et trente et finissant la vigile Saint Michel ensuivant, l'an susdit", dans Pièces inédites rares ou curieuses concernant le Poitou et les Poitevins, Paris, 1870, p. 50-74.
(2) P. 64-67.
(3) Il existe d'autres comptes, non publiés, pour la période 1353-1721 (Archives Départementales, Inventaire sommaire, G 40).
(4) On lit en effet, en marge du document : "Il est ordonné au receveur qu'il rende son premier compte particulièrement et que les pièces y soient deuement confrontées par boutz et par costéz et les noms de ceulx qui de présent les tiennent".
(5) Conflans, commune d'Izeure, canton de Preuilly-sur-Claise, Indre-et-Loire, d'après Rédet qui ne localise pas la Pératte (AHP, tome  X).
(6) Tranchant,
Notice, p. 175-177.
(7) "Moulin bas" de ce quartier, dont la localisation est bien connue.
(8) La Brianderie, commune de Sillars, Vienne.

Etude non publiée.