Notes sur la forêt de Rochefort

 

 

A notre connaissance, il n’existe pas d’étude sérieuse et exhaustive sur la forêt de Rochefort. Parmi les essais, René Mémain a signalé un article de Lesson paru dans les Tablettes des deux Charentes du 17 décembre 1839, qu’il a qualifié de « fantaisiste en partie », ce qui ne saurait étonner les lecteurs de Lesson « historien ». Cependant, il affirme lui-même, sans donner ses sources : « Et dans cette forêt vivaient de gros loups, d’une espèce très vorace : il n’y a pas encore bien longtemps il y avait à Rochefort une rue du Pas-du-Loup, en souvenir sans doute de la terreur qu’ils répandaient dans la région… » (1). Plus récemment, Camille Gabet est moins imaginatif et exprime bien la qualité de la documentation : « Aussi loin qu’on remonte dans son passé, on se trouve en présence de témoignages contradictoires sur son étendue, sur son état et sur les différentes étapes de sa disparition » (2). Notre propos n’est donc pas de présenter une histoire de cette forêt mais de réunir des documents et de tenter d’interpréter ces derniers.

Dans la seconde moitié du XVe siècle et au début du XVIe

Pour une quarantaine d’années, entre 1468 et 1513, nous disposons de quelques comptes de seigneurie, d’ailleurs peu riches en détails sur le boisement (3), et d’une enquête effectuée en 1489 sur la forêt elle-même, dans des formes rigides, mais comportant d’intéressants enseignements (4). Cette enquête a été menée par le lieutenant général du gouverneur de La Rochelle, Guillaume Joubert, et le greffier de la cour dudit gouvernement, Jean Ruylon, dans les circonstances suivantes. Le seigneur de Rochefort, Charles de Coétivy, a fait couper une partie de la forêt et des bois de la seigneurie et les procureurs et receveurs du roi sont intervenus pour faire arrêter les opérations, sous prétexte que la seigneurie a été engagée et que sa valeur ne peut être diminuée par l’engagiste. En réponse, le seigneur rappelle qu’il a reçu la seigneurie en héritage de son père qui l’a reçue lui-même du roi, non par engagement  mais en remboursement d’une somme de 18 000 écus d’or, avec faculté de retrait si la dite somme était rendue en espèces. Il s’agit d’une querelle bien connue de juristes, qui a empoisonné les relations des Coétivy et de leurs successeurs, les la Trémoille, avec les procureurs et receveurs royaux (5). Guillaume Joubert et Jean Ruylon sont chargés d’une information sur place, à Rochefort, par enquête auprès d’habitants de la seigneurie. Les déposants ont à répondre aux mêmes questions, de sorte que les dépositions peuvent être facilement confrontées. Voici la première déposition, à titre d’exemple.

 « Olivier de Mèle, marchand, demeurant en la ville de La Rochelle, âgé de cinquante ans ou environ, après serment par lui fait de dire vérité, pour la partie dudit demandeur…, par nous interrogé et enquis sur les 6ème et 7ème articles desdits articles à nous baillez par ledit demandeur, dit et dépose par son serment qu'il sait bien où est la forêt et bois de la terre et seigneurie de Rochefort qui contient environ un quart de lieue de long et autant de large et de tour environ une lieue, en laquelle forêt lui qui dépose sait bien qu'il y a plusieurs vieux bois qui ne sont convenables à autre chose fors seulement à faire chauffage ; toutefois pourrait l'on trouver en ladite forêt plusieurs bois et en grand nombre pour faire courbes à navires et ne sauraient lesdits bois ainsi qu'ils sont servir à faire chapuse (6) de maisons, tant parce que le bois est court aussi qu'il est la plupart boiteux et n'est bois de ligne à faire chapuse bonne ni valable. Et en oultre que la dite forêt, ainsi qu’elle est, est inutile pour la dite seigneurie de Rochefort parce que, en icelle, pour la dite seigneurie, ne se prend aucun profit, réservé qu'il a vu parfois que par le feu seigneur de Taillebourg, durant le temps passé, … ont été coupés de la dite forêt pour le chauffaige de ceux qui tiennent le château du dit lieu de Rochefort. Et semblablement est bien record que, du temps que la dite seigneurie était tenue à la main du roi, les capitaines en faisaient couper pour leur provision et a vu que, après qu'il en avait été coupé de la dite forêt plusieurs arbres, que quatre ou cinq ans après le bois était tellement crû qu'il s'en fût pu faire et faisait de bons et grans fagotages. Aussi dit qu'après que le dit bois était coupé, qu’on l'eût laissé, sans aucunement le fagoter, par le temps et espace de quinze ou seize ans, il s’y fût trouvé de bon bois et bûches marchandes… Dit plus que, vue la situation de la dite forêt, que si elle était coupée et bien gardée de bestiaire (7), qu’elle est pour croître et serait de grand profit et revenu pour la dite seigneurie, ce qu’elle n'est de présent, et si la dite forêt était à lui, il la ferait couper et bien garder et serait, en ce faisant, de grand profit et revenu. Et dit outre qu'il ne connaît point qu'il y ait juridiction pour la coupe de la dite forêt, réservé que les pauvres gens et hommes de la dite seigneurie qui ne se pourraient pas si bien aider des pâturages de leurs bêtes en la dite forêt, au moyen de ce qu'il conviendrait, si icelle dite forêt était coupée, d’empêcher que le dit bestiaire n'y allât pâturer pour raison de la gite (8), toutefois les dits sujets et hommes n'y ont aucun pâturage si ce n'est par la permission du dit demandeur. Et plus rien dit ».

La superficie

Les dimensions fournies par ce déposant sont reprises par les autres, dans les mêmes termes : longueur, largeur et pourtour. Si la lieue utilisée pour les évaluations est la lieue commune du royaume, qui équivaut à 2282 toises, la superficie de la forêt est celle d’un carré de 1111 mètres de côté, soit un peu plus de 123 hectares. On ne peut admettre une telle superficie, très certainement inférieure à la réalité, comme le prouvent des évaluations postérieures. Il doit s’agir du noyau restant d’une forêt largement entamée sur ses bords, noyau d’ailleurs probablement d’une forme irrégulière, ne permettant pas de répondre utilement aux questions posées. Les surfaces boisées subsistantes à la périphérie de ce massif ont cependant été considérées pendant longtemps comme partie intégrante de la forêt. On a même fait référence à celle-ci après sa disparition. Ainsi, en 1716, « la terre et seigneurie des Ouillères » est-elle présentée comme « proche la forêt de Rochefort» (9), alors qu’à cette date la forêt n’est plus qu’un souvenir. Ce fait n’est pas isolé : à la fin du XIe siècle, par exemple, la « forêt de Baconnais » se présente comme un ensemble de massifs séparés par des zones cultivées et bâties.

L’état général

D’autres témoignages que celui d’Olivier de Mèle signalent que la forêt n’a pas été coupée depuis au moins une quarantaine d’années, à l’exception de quelques morceaux qui l’ont été sur ordre des capitaines du château pour le chauffage de la place. Aussi les arbres sont-ils vieux, vermoulus, voire pourris. Ils font de l’ombrage qui empêche les jeunes pousses de croître. L’absence de bois de charpente est signalée par tous les témoins, en particulier par Micheau Oizelier, laboureur, demeurant à Rochefort, qui a entendu dire à un charpentier nommé Pierre Cosson, chargé de rechercher du bois pour couvrir une petite chapelle du château, qu’il n’avait pu trouver matériau convenable.

Les essences désignées sont le chêne et le coudre. Les témoins signalent également que, si elle était l’objet de coupes régulières, la forêt serait d’un bon rapport car la sole en est bonne. Louis Guillory, notaire royal demeurant au Breuil de Rochefort, en apporte une preuve en signalant que, «le temps passé, il a vu les capitaines ayant la charge de la place de la dite seigneurie, et mêmement un nommé Maurice de Villeblanche, qui faisaient couper pour leur chauffage une portion de la dite forêt, en lesquels lieux le bois à présent est plus beau et beaucoup plus épais et plus droit que n'est celui qui est vieux et ancien ». En somme, l’utilisation de la forêt est réduite au chauffage et au pâturage et la coupe entreprise par Charles de Coétivy doit l’être en application d’un règlement de coupes en vue d’une régénération.

Les usagers

Les agents du château ne sont pas les seuls à prélever du bois. Font de même les « hommes » du seigneur - c’est-à-dire ses vassaux - et les habitants de la seigneurie. De plus ces derniers y mènent leurs animaux au pâturage et certains vassaux ont droit de chasse. Les uns et les autres sont les « usagers » de la forêt.

Jean Masson du Chail, demeurant au Vergeroux, « en la paroisse de Rochefort » (10), indique que la partie de la forêt interdite aux usagers - qu’on appelle souvent ailleurs « défens » ou « espaut » - est appelée localement « domaine de la seigneurie ». Ce « domaine » n’est pas exploité et le bois y est  « quasi mort et vieux, pourri et vermoulu », comme dans le reste de la forêt. Maurice Suireau, laboureur, demeurant en la paroisse de Magné, précise que « le quartier que l’on appelle le domaine » contient six quartiers environ, soit 4 hectares.

Au premier rang des usagers est le seigneur de Loire. En 1367, c’est Guillaume de Mareuil, chevalier, qui, dans un aveu au prince d’Aquitaine, seigneur de Rochefort, a mentionné : « … l’exploit en la forêt de Rochefort a mon chauffer et porter avec des charrettes a mon lieu et hôtel de Loire, et l’exploit de rortage (11) en la dite forêt de Rochefort, à moi et à tous mes hommes et à tous ceux qui me doivent biens et corvées des paroisses de Loire et de Saint Pierre de Magné et aux lieux dessus nommés » (12). Le seigneur de l’Houmée (13), Claude Geoffroy, écuyer, a déclaré en 1539 son droit de chauffage dans la forêt (14). Dans la même année, le seigneur de Villeneuve, Jean de la Salle, écuyer lui aussi, déclarait un « droit de chasse en la forêt de Rochefort et dehors, tant à bêtes qu'à oiseaux, droit de pâturage et tout usage en la dite forêt et hors et en toutes saisons et es taillis de la dite forêt, sauf es garennes du roi ». De plus, il tenait 27 arpents et demi de bois et terre « dans la forêt » (15). Le détenteur du four du Breuil a aussi son exploit pour le chauffage, pour lequel il doit annuellement 8 sous 4 deniers au seigneur de Rochefort (16).

Les habitants de la seigneurie y sont pourvus en bois de chauffage et y mènent leurs bêtes moyennant une redevance. Ainsi, le compte du receveur des années 1478-1480 comporte une recette annuelle de 312 boisseaux d’avoine et 52 oies, fournis par 52 feux de la paroisse Notre-Dame, à raison de 6 boisseaux et une oie par feu. Selon certains témoins, ils usent de leur droit de pâturage surtout en hiver, quand les prées sont inondées.

Il existe aussi des usagers pour la glandée. Au sujet des glands, Micheau Oizelier affirme que la forêt « n'est pas fertile du gland parce qu’elle est trop près de la mer ». Ceci est confirmé par Pierre Guillory, marchand, demeurant en la paroisse de Magné, qui précise qu’elle « peut parfois produire du gland, à peu près tous les dix ans ». Guillory ajoute que, du temps où la seigneurie était en la main du roi, « les hommes et sujets de la dite seigneurie ne payaient rien de leurs pourceaux » pour la glandée mais les capitaines du château « prenaient profit » des porcs appartenant à des « étrangers ». En 1489, le seigneur ne prend rien pour les porcs que les dits sujets élèvent pour leur maison et il fait payer à ces derniers 2 sous 6 deniers par tête, pour les porcs destinés à la vente. Les affirmations d’Oizelier et de Guillory sont confirmées par les comptes de la seigneurie. Il n’est pas question de glandée dans le compte de 1468-1470 mais celui de 1478-1480 fait ressortir une ferme de 6 livres 15 sous pour la « pesson des porcs » en 1478,  et une autre, beaucoup plus importante, de 17 livres 1 sou en 1479.

La chasse

Le seigneur fait chasser le sanglier et le chevreuil. Il réside à Taillebourg, d’où il envoie un chasseur dans son domaine de Rochefort. En 1479, ce chasseur est Jean Malet, qui procède à une battue au sanglier. Celui-ci, accompagné par « le prieur de Saint-Vivien », prend alors un chevreuil qu’un habitant de Rochefort porte au seigneur, à Taillebourg. En février 1480, le même Jean Malet est envoyé, accompagné de six hommes, pour chasser le chevreuil, avec quatorze chiens et deux chevaux. Le déplacement est effectué en gabarre.

Aliénations

Avant 1478, des aliénations de morceaux de la forêt ont été effectuées car, au compte de 1478-1480 figurent une recette de 2 boisseaux d’avoine et 10 sous pour deux quartiers de « buissons », qui sont tenus par des particuliers, et une autre de 15 sous pour 3 quartiers de bois « assis en la forêt, près le Vergerou », tenus par une autre personne.

Cependant, c’est une véritable saignée qu’on découvre dans le compte de 1512-1513. Ce compte mentionne en effet 75 parcelles d’« exploits » qui doivent chacune 3 sous 9 deniers par quartier. Elles mesurent de ½ quartier à 5 quartiers, pour une superficie totale d’environ 130 quartiers, soit 90 hectares (17). Le receveur signale que les baillettes en ont été délivrées le mercredi 18 mars 1506. Ainsi, en une journée, une partie de la forêt ouverte à « l’exploit » a été aliénée. On se demande si les bénéficiaires de l’exploit n’ont pas réagi à cette restriction de leur droit. On apprend du moins qu’une parcelle tient « au chemin qu'on va de Marseille à Villeneuve », c’est-à-dire au grand chemin de Soubise à la Rochelle, qui passe par ces deux villages.

Pendant les guerres de religion

Un aperçu pour cette période est donné, en 1666, par la dame de Cheusses, héritière de la seigneurie, lors des tractations qui ont précédé la reprise en main de Rochefort par Louis XIV. Celle-ci a protesté contre l’estimation excessive de prétendues dégradations faites dans la forêt depuis l’engagement, sur la déposition de plusieurs témoins « reprochables », selon elle. Elle a démontré, par plusieurs registres des cours de Rochefort, que, depuis l’an 1566 jusqu’en 1590, avant l’engagement, la forêt avait été entièrement ruinée, « tant par le commandement de la reine de Navarre qui était alors à la Rochelle, que par les princes et le sieur de Saint-Luc, alors gouverneur de Brouage, et par les vassaux et tenanciers prétendant avoir usage en cette forêt ». Elle a justifié d’une infinité de condamnations et amendes rendues contre les particuliers pour raison de dégradations (18).

De 1665 à 1712

A la fin de l’année 1665, Colbert de Terron écrit à Colbert que la forêt est un taillis ; il soupçonne les engagistes d’avoir « coupé la futaie » (19). La forêt est donc destinée à produire du bois de chauffage. Un quart de siècle plus tard, un arrêt du Conseil en date du 29 février 1688 ordonne sa destruction (20). En août 1689, on procède à un arpentage, sur l’ordre de l’intendant Bégon. La superficie est alors estimée à 663 arpents, soit environ 340 hectares (21). 114 arpents sont coupés, soit 1/6, de sorte qu’il doit exister un règlement de coupe tous les six ans, qui a été établi pour produire du bois de chauffage (22). Cependant la destruction prévue n’a pas lieu. Au contraire, treize ans plus tard, en 1702, le grand maître des Eaux et Forêts décide d’installer à Rochefort une gruerie relevant de la maîtrise de Niort, composée d’un gruyer, un procureur du roi, un greffier et deux gardes, et pouvant connaître des délits mineurs dont l’amende est fixée à 12 livres au maximum (23). L’année suivante, la gruerie est remplacée par une maîtrise (24).

Aussi ne sommes-nous pas étonné de rencontrer, le 6 décembre 1706, un « arpenteur de la maîtrise des Eaux et Forêts », nommé Gilbert Fouraud, qui achète une pièce de pré « tenant au pavé de la chaussée de Martrou à Rochefort » (25). En 1708 nous apparaît le maître : Jacques de Gaalon, écuyer, sieur des Carreaux, conseiller du roi, qui est dit « maître particulier des eaux et forêts de Rochefort pour les provinces de Saintonge et d’Aunis », le 17 février de cette année, quand il vend un « emplacement de terre » à Rochefort, confrontant précisément au nord à « la forêt de Rochefort » (26). On rencontre de nouveau le personnage le 17 août 1711, comme témoin au mariage, en l’église Saint-Louis, de la fille d’un huissier audiencier de la maîtrise. Peu après, le 4 mars 1712, qualifié « maître particulier de la maîtrise des Eaux et Forêts établie à Rochefort pour les provinces de Saintonge et d’Aunis », et dit « demeurant à Rochefort », il assiste à l’inventaire des meubles et effets de feue Marie Rémy, dame de la Montagne, qui l’a désigné comme exécuteur testamentaire (27). Ensuite, nous perdons sa trace et celle de la maîtrise.

Si la maîtrise a été installée en vue d’une protection et d’un exploitation en coupes réglées, c’est un échec complet. En effet, durant les quelques années où nous constatons son existence, des actes de notaires mettent en évidence des aliénations de morceaux de la forêt. Ainsi, le 29 octobre 1709, le maître à danser entretenu Julien Tual-Branzon vend deux journaux de terre labourable en un lieu appelé le Fureau, confrontant au nord et à l’orient « à la nouvelle forêt de Rochefort » (28), c’est-à-dire à la forêt réduite. Le 15 février 1710, Catherine Rouaud, veuve Pierre Boinot, désigne, dans un acte de vente de la métairie du Queureux, une pièce de terre labourable sise « près la forêt », tenant d’un bout à « la nouvelle forêt, joignant à ce que le sieur Bigot a acquis » (29). Le premier septembre suivant, un entrepreneur d’ouvrages nommé Joseph Jacquin vend deux arpents de terre, moitié de quatre « qu’il a pris dans la forêt du roi » (30). Le 6 octobre de la même année, un meunier nommé Maurice Murzeau cède un morceau de terre « joignant le bord de la forêt de Rochefort », confrontant au nord à une terre « acquise de sa Majesté » (31). Le 23 mars 1712, Françoise Reneteau, veuve de Pierre de Gommier, baille à ferme « la terre et seigneurie des Ouillères », « y compris ce qui a été acquis et annexé à ladite terre de la forêt de Rochefort » (32).

A ces mentions nous ajouterons, d’après C. Gabet, que 47 personnes ont acquis des parcelles en l’année 1710 (33). En juillet 1712, quatre mois après l’intervention de Jacques de Gaalon citée ci-dessus, Masse écrit que la forêt « est présentement toute cultivée » (34). Si la maîtrise demeure pendant quelque temps encore à Rochefort, ce ne sera pas pour la forêt du lieu mais pour celles « de Saintonge et d’Aunis ».

Annexe :

Voici quelques extraits d’actes de notaires concernant des terres gagnées sur la forêt. On verra que les « fiefs » de vigne ne sont pas rares.

- 12 juillet 1719 : pièce de terre labourable d’environ 3 journaux, renfermée de fossés et de haies, située au terrain de la forêt (Rossignol père, XLII, liasse 134, n° 116).

- 31 mai 1724 : sous-ferme par Jean Rossignol, notaire royal, pour 5 ans, à Jean Pavageau, laboureur à bœufs, de la dîme des foins des prés du Petit Marais, situés entre les bois de Chartres et le terrain de la forêt (Simon, XXXIII, liasse 124, n° 45).

- 9 août 1724 : maison rue Notre-Dame, face à la rue du Chesne, seigneurie des Ouillères, confrontant à l’orient au chemin qui conduit de cette ville au terrain de la forêt (Bréard, XXXIII, liasse 65, n° 183).

- 21 mars 1739 : petite pièce de vigne contenant 2 gerbes, située au fief de la forêt, sujette envers les héritiers Sureau au septain des fruits, confrontant du couchant à la vigne de Chevillon, du levant aux terres des religieuses sœurs grises (Gaultier père, XXXIV, liasse 50, n° 42).

- 6 décembre 1745 : douze gerbes de vigne, situées à la forêt, seigneurie de Mme Bois Pinaud, sujettes au septain des fruits pour droit de complant, confrontant du soleil levant à une vigne de Pierre Sabourin (Barbereau, liasse 2386, n° 225).

- 22 juillet 1754 : 1010 ceps de vigne, tant rouges que blancs, situés à la forêt, à prendre dans une pièce de vigne contenant 3 quartiers ou environ (Tayeau jeune, XXI, liasse 82, n° 63).

- 27 juillet 1758 : ferme de la terre et seigneurie de Chartres. L’acte mentionne : la pièce de vigne située à la forêt (Tayeau André, XXI, liasse 84, n° 37).

- 2 février 1770 : 6 gerbes de vigne situées au lieu de la forêt (Bessat, liasse 116, n° 4).

- 18 mars 1781 : 4 randeaux de vigne (35) au lieu de la forêt (Gaultier fils, XXXIV, liasse 87, n° 113).

 

Notes

 

(1) René Mémain, « La marine de guerre sous Louis XIV », p. 55.

(2) C. Gabet, « La naissance de Rochefort sous Louis XIV », p. 45, d’après Théodore de Blois, « Histoire de Rochefort », p. 44-45.

(3) Compte de 1467-1468 (AN 1 AP 2013) ; compte de 1478-1480 (BM La Rochelle, manuscrit 2465) ; compte de 1512-1513 (AN 1 AP 2016).

(4) Enquête de 1489 (BM La Rochelle, manuscrit 2465). Nous utilisons les transcriptions effectuées pour un mémoire de maîtrise intitulé « Rochefort à la charnière du XVe et du XVIe siècle à travers quelques éléments du chartrier de Thouars», par Yves Valadeau que nous remercions vivement pour sa contribution à l’histoire de Rochefort.

(5) Marcel Delafosse, « Rochefort sous les Coétivy et les la Trémoille (1462-1536) », dans « Rochefort 1666-1966 », p. 27-38.

(6) Chapuse : charpente.

(7) Bestiaire : bétail.

(8) Gite : rejet.

(9) Tayeau l’aîné, XXI, liasse 48, n° 22.

(10) Le Vergeroux est alors rattaché à Rochefort.

(11) Exploit de rortage : droit de prélever des branches souples pour faire des « rortes », harts pour charrues et charrettes.

(12) 9 septembre 1367 (BM la Rochelle, manuscrit 38, folio 23 r° - 25 v°).

(13) L’Houmée : commune de Saint-Laurent de la Prée.

(14) 22 mars 1539 (Archives départementales, la Rochelle, 3 J 35, Fiefs d’Aunix, extraits 1715, p. 4).

(15) 19 mars 1539 (Ibid., p. 14).

(16) Dans le compte de 1467-1468, c’est « Jehan de la Tour l'aisné, escuier » (AN 1 AP 2013). Dans celui de 1478-1480, c’est « Jehan de la Tour, seigneur des Ouillères » (BM la Rochelle, manuscrit 2465).

(17) Ces 90 hectares ont dû être pris dans le boisement périphérique.

(18) Voir Roccafortis, 3e série, tome IV, numéro 23, janvier 1999, p. 30-34.

(19) R. Mémain, « La marine de guerre sous Louis XIV », p. 51, d’après Mélanges Colbert, volume CXXXIV bis, 27 décembre 1665.

(20) R. Mémain, ibid., p. 60.

(21) En comptant l’arpent forestier à 51 ha 7 ca.

(22) L’arpentage est signalé par R. Mémain, ibid., p. 55, note 2, d’après Comité technique du Génie, Arch., article 8, Section Rochefort, carton 1, pièces n° 5 et 6. La pièce n° 6 est un plan de décembre 1689.

(23) C. Gabet, « La naissance de Rochefort sous Louis XIV », p. 45, d’après Théodore de Blois, « Histoire de Rochefort », p. 264.

(24) Ibid., d’après Arch. Dép. Charente-Maritime A 11 1705, f° 38.

(25) David, XLII, liasse 70, n° 338.

(26) Rossignol, XLII, liasse 128, n° 27.

(27) Tardy, XLII, liasse 151.

(28) Rossignol, XLII, liasse 129, n° 144.

(29) Tayeau l’aîné, XXXI, liasse 43, n° 94.

(30) Tayeau, XXXI, liasse 43, n° 113.

(31) Rossignol, XLII, liasse 129, n° 168.

(32) Tayeau l’aîné, XXI, liasse 45, n° 31.

(33) C. Gabet, « La naissance de Rochefort sous Louis XIV », p. 45, d’après BM la Rochelle, mss n° 117, p. 30 et suivantes.

(34) Ibid., d’après mss n° 31, p. 171.

(35) Randeaux de vigne : rangs.

Publié dans Roccafortis, bulletin de la Société de Géographie de Rochefort, 3e série, tome V, n° 29, janvier 2002, p.26-32.