HISTORIQUE DE QUELQUES MAISONS DE CHAUVIGNY

 

Dans un article intitulé "Anciennes auberges ou hôtelleries de Chauvigny", publié en 1991 (p. 43-52), j'ai localisé et décrit quelques auberges de la ville et du faubourg sud, à l'aide de deux documents : un registre de cens et rentes de 1553, qui m'a permis par ailleurs une reconstitution de la ville et des faubourgs à cette date (publiée par la S.R.A.C. en 1992; Dossier n° 1) et un terrier de la baronnie de Chauvigny établi entre 1778 et 1780, dont l'analyse est à paraître.

J'ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de faire la synthèse des renseignements fournis par la même documentation, sur quelques maisons remarquables par leur importance ou par la personnalité de leurs propriétaires. Dans quelques cas, il a été possible de reconstituer une liste de ces derniers depuis 1553, en comblant la lacune de la période 1553-1623 par des données généalogiques.

Les immeubles sont définis selon le terrier, qui en fournit des descriptions très précises, avec, parfois, mention du nom sous lequel on les identifie à la veille de la Révolution. Ils ont pu subir des modifications importantes depuis 1553, mais on ne peut le constater que dans la mesure de regroupements éventuels d'immeubles contigus. Quant à leur aspect extérieur actuel, il a évidemment pu être modifié depuis la fin du XVIIIe siècle.

EN VILLE HAUTE

1. La maison de Bavouhet, rue Saint-Pierre est n° 4, attenante à la chantrerie

- 1623 : Adrienne Asselin, veuve Jacques Begaud, greffier de la baronnie, déclare au cens de 2 deniers dû à l'évêque
- 1643 : Jeanne Begaud, fille des précédents, déclare au même cens; elle est alors célibataire; elle épousera ensuite René Berthonneau
- Marie Berthonneau, fille des précédents, épouse Marin Langlois, notaire et huissier royal
- Marie-Anne Langlois, fille des précédents, épouse Antoine Fradin, notaire royal et procureur de la baronnie
- 11 mai 1779 : Henri Fradin, notaire et procureur de la baronnie et huissier royal, demeurant paroisse Saint-Pierre, déclare comme fils et héritier en partie des précédents,
une maison nommée la maison de Bavouhet, située au lieu appelé le Donjon, consistant en porche à l'entrée, buanderie, écurie à gauche en entrant, chambre basse sur la rue, à droite en entrant, fenil sur le tout, cour, trois chambres basses à feu au fond de cette cour, avec chacune leur grenier, un cellier sous l'une d'elles, deux celliers et un cuvier avec son pressoir au-dessous de ces chambres, plus, au dessous de la maison et à l'orient de celle-ci, un jardin en trois terrasses soutenues par des murs, contenant environ un tiers de boisselée, le tout se tenant, joignant d'un côté à la maison et au jardin de la chantrerie du chapitre de Saint-Pierre, d'autre à la maison et au jardin de Jérôme Sylvain Ledoux, notaire et procureur, par le derrière, vers l'orient, où est le jardin, aux jardins de la chevecerie du dit Saint-Pierre, au cens de 2 deniers à la baronnie.

Il déclare aussi que, selon les déclarations de 1623 et 1643, une petite partie de la maison, qui était une étude en 1623 et un fondis en 1643, meut du chapitre de Saint-Pierre.

L'étude de 1623 doit être celle du greffier Jacques Begaud, qui était fils de Guy Begaud, le greffier de la baronnie qui a enregistré les déclarations de 1553. Jeanne, la fille de Jacques, célibataire en 1643, a laissé cette partie à l'abandon. Une autre fille, Anne, a reçu le registre des déclarations de cens et rentes dressé en 1553; elle a épousé Abel Doré, notaire.

2. La Grande Maison, rue Saint-Pierre est n° 2, attenante au château d'Harcourt

- 1553 : Aimé Lucas, sénéchal de la baronnie, déclare une maison avec jardin, qui a appartenu à Me Charles Hesneau, et une petite maison ayant appartenu à un cordonnier nommé Pierre Petit; il ne mentionne pas de cens
- Thénette Lucas, fille du précédent, épouse Isaac Mayaud, procureur fiscal de Chauvigny (d'après Bernard Mayaud, dans "Le Pays Chauvinois", n° 18)
- 1643 : Isaac Mayaud, sieur du Charrault, fils des précédents, déclare pour lui, son frère Aimeri et sa soeur Judith, au cens de 5 sous 6 deniers
- Jacques Mayaud, fils du précédent, sieur du Charrault, réside dans la paroisse Saint-Pierre et est inhumé dans l'église de sa paroisse; il en est de même de sa femme (d'après le même)
- 1709 : Louis Guy Mayaud, écuyer, fils du précédent, seigneur du Charrault, prend à rente les douves du château d'Harcourt, au cens de 5 sous 1 denier; il est inhumé à Saint-Pierre le 24 août 1730 (d'après le même)
- 22 avril 1732 : Louis Demoussault, chevalier, seigneur de Brétigny, neveu et héritier du précédent, vend la maison à Georges Ledoux et Marie Doré, son épouse, suivant acte passé par Fradin, notaire
- 8 février 1779 : maître Jérôme Sylvain Ledoux, notaire et procureur de la baronnie, demeurant paroisse Saint-Just, déclare comme fils et héritier des précédents
une maison nommée la Grande Maison, sise près le petit château qui sert actuellement de prison, consistant en chambres basses et hautes, grenier, salle, salon, cellier, cave, dessous en espèce de grange, avec des jardins en terrasses dans le coteau, actuellement en prés, et en outre les anciennes douves ou fossés du dit petit château, qui sont actuellement comblées et mises au niveau de la rue, le tout se tenant et contenant environ trois boisselées, joignant d'une part, par le haut, qui est d'un bout, à la rue, les douves du côté de cette rue atteignant la porte d'entrée du dit petit château, d'un côté au mur de celui-ci en le contournant de deux parts, et, au dessous du dit petit château, aux coteaux anciennement en jardins et actuellement en terre labourable qui sont du domaine de la baronnie, un buisson entre deux qui est de son jardin, au bas duquel est une porte régnant sur le chemin de Saint-Savin, d'autre bout, par le bas, au dit chemin conduisant de la porte Coppin des Barrières à Saint-Savin, sur main gauche, et d'autre côté à la terre en forme de terrasse, plantée en vigne et râteaux, de Jacques Ardillaux, entrepreneur, au jardin en terrasse du chevecier de Saint-Pierre et aux jardin et maison d'Henri Fradin, huissier royal,
au cens de 5 sous et 6 deniers à la baronnie pour la maison et les jardins, plus 5 sous et 1 denier pour les douves, soit en tout 10 sous 7 deniers.

De plus, pour raison d'environ un quart de boisselée de pré dans les bas des dits coteaux et en faisant partie, formant un carré et faisant un angle sortant des dits coteaux au dessous des terrasses de la chevecerie, y joignant d'une part, d'autre à la dite vigne en coteaux du sieur Ardillaux, d'autre au dit chemin de Saint-Savin et d'autre au surplus des dits coteaux, il paye chaque année au chapitre de Saint-Pierre une rente de 9 sous, sans savoir la qualité de celle-ci.

3. Maison sans nom, rue Saint-Pierre ouest, à l'angle sud de l'impasse Saint-Pierre

- 1623 : Adrienne Asselin, veuve Jacques Begaud, greffier de la baronnie, déclare à 2 deniers de cens à la baronnie
- 1637 : grange et cave au Donjon, paroisse de Saint-Pierre, tenant d'une part au colombier de feue dame Adrienne Hételin (variante de Asselin), d'autre à la grange de l'Etoile, et par le devant à la ruette du Charretiou (Tranchant,
Notice, p. 200-201)
- 1643 : Fleurent Cartus déclare au cens de 2 deniers à la baronnie, et, en même temps, une petite maison contiguë appelée la Georgeonnerie, au cens de 2 deniers également
- Isaac Mayaud, sieur du Charrault
- messire (blanc) Mayaud de Boislambert baille les deux maisons à Jean Deshouillières, voiturier, et son frère François Deshouillières, à la rente de 25 livres
- ensuite la rente est perçue par Joseph Sylvain de Marans, seigneur de Saint-Mart
- ce dernier la vend à Marie-Anne Rousseau, veuve André Quillet
- 21 mai 1779 : Marie Becoignée, veuve Jean Deshouillières, demeurant paroisse Saint-Pierre, faisant comme mère et tutrice de ses enfants, déclare une maison, au lieu nommé le Donjon, devant et vis-à-vis le petit château anciennement nommé le château d'Harcourt, actuellement servant de prison, la rue entre deux, consistant en une petite boutique, deux petits celliers, deux écuries, un fenil, une grange, une cour où il y a eu anciennement un colombier et où est actuellement une galerie sous laquelle il y a eu un pressoir, un jardin en terrasse par le derrière des bâtiments, contenant environ un tiers de boisselée, avec un puisard ou citerne, le tout se tenant, joignant par le devant à la rue Saint-Pierre, d'un côté à la maison, cour et jardin de Jacques Coulon, marchand sellier, par le derrière du jardin en terrasse à la rue des Rampes et d'autre côté à la maison de la Georgeonnerie, présentement nommée le Petit Logis, et à une fausse rue qui conduit au dit Petit Logis.

Elle déclare en même temps la maison appelée le Petit Logis, au cens de 4 deniers pour l'ensemble, 2 deniers pour chaque maison, plus une rente de 25 livres à Marie-Anne Rousseau, veuve André Quillet, également pour l'ensemble.

4. Maison appelée la Tour de Sauvion, rue des Rampes ouest, attenante à la porte Oger

- 1645 : Jean Pignonneau, sieur de Boisgigon, comme ayant charge d'Isaac Pignonneau, sieur des Minetières, déclare à la baronnie au cens de 2 deniers (article 1 de sa déclaration)
- 1665 : Isaac Pignonneau, sieur des Minetières, déclare au même cens (article 1 de sa déclaration); le notaire commissaire au terrier ignore si le déclarant est le même que le propriétaire de 1645
- le sieur et la dame Dutartre
- Charles Baret, écuyer, seigneur de Rouvray, et Marguerite de Marans, son épouse
- 29 février 1736 : les précédents vendent à Fulgent Texereau, prêtre, chanoine de Saint-Pierre, suivant acte passé par Germonneau, notaire
- Madeleine Texereau, soeur et héritière de Fulgent Texereau, femme de Pierre Doré, notaire et procureur
- 8 février 1779 : Jérôme Sylvain Ledoux, notaire et procureur de la baronnie, demeurant paroisse Saint-Just, déclare à cause de demoiselle Marie Doré son épouse, fille et héritière des précédents,
une maison appelée la tour de Sauvion, au lieu nommé le Donjon, joignant par le haut et devant au portal de Sauvion, autrement Augier, les fondis sur celui-ci en faisant partie, de deux parts aux maisons du sieur Pignonneau des Brières et d'autre à la maison de Philippe Deshouillières, la casemate du dit Donjon entre deux, qui fait partie de ladite tour, y ayant été réunie de temps immémorial; consistant en plusieurs chambres basses et hautes, greniers, cave, cellier, cour, jardins en plusieurs terrasses et coteaux en forme de lisière, joignant d'un côté, par le haut, à la maison et jardin du dit Deshouillières ainsi qu'à la rue de la Grande École dans laquelle ils ont une sortie, d'un bout, en forme de pointe, au jardin de la maison de la veuve Grosbout nommée la Bachellerie, d'autre côté, par le bas, à plusieurs jardins et d'autre bout à une des maisons de Louis Pignonneau, seigneur des Brières; en tout une boisselée et demie, au cens de 2 deniers à la baronnie.

5. Maison sans nom, rue des Rampes ouest, contiguë à la précédente, au sud, en 1778-1780

- 1645 : Jean Pignonneau, sieur de Boisgigon, comme ayant charge d'Isaac Pignonneau, sieur des Minetières, déclare deux maisons à la baronnie, chacune au cens de 3 deniers (articles 2 et 3 de sa déclaration)
- 1665 : Isaac Pignonneau, sieur des Minetières fait la même déclaration
- le sieur et la dame Dutartre
- François Pinault, chevalier, seigneur de Peubert, et Anne de Marans, son épouse
- 4 juillet 1757 : les précédents baillent à Jean Berthelot, prêtre, chanoine de Saint-Pierre, l'article 2 ci-dessus et partie de l'article 3 en cour, jardins et entrée où il y a quelques restes de bâtiments, suivant acte passé par Charaudeau, notaire à Poitiers, à la rente seconde foncière de 40 livres, portant sur cet ensemble et d'autres héritages
- 30 juin 1768 : Louis Pignonneau, écuyer, seigneur des Brières, Merencelle et autres lieux, mari de Radegonde Berthelot, soeur et héritière de Jean Berthelot ci-dessus, amortit la rente ci-dessus à Jean Aillocque, échevin à Poitiers, et Jeanne Morillon, son épouse, qui sont au lieu de François Pinault, suivant acte passé par de la Badonnière, notaire à Poitiers
- 21 mai 1779 : le même, à cause de sa femme, déclare une maison située en la haute ville, au lieu nommé le Donjon, consistant en un grand corps de bâtiment composé de salle et salon en communication, deux cabinets à côté de la salle, trois chambres basses, cuisine, quatre greniers par dessus le tout, deux celliers et caveau, buanderie, deux cours dont l'une en forme de terrasse à l'entrée de la maison, jardin en terrasse faisant face à la dite cour, dans lequel est un cuvier, autre jardin, aussi en terrasse, au devant des croisées de la salle, petite écurie sur la rue entre celle-ci et la deuxième cour; le tout se tenant, joignant d'un côté, par le haut, à la rue des Rampes, d'un bout, vers le château, aux grange, toit et petite cour ou jardin de Jean Gaudin, charpentier, d'autre côté, par le bas, où sont les terrasses, aux jardins en coteaux et pentes de la maison du Soleil appartenant à M. le chevalier de Chessé et à ceux de Vincent Rousseau, Jean Grateau et autres, les murs de ses terrasses entre, et d'autre bout, vers le portal Augier, aux jardins et à la maison de la tour de Sauvion, à maître Jérôme Sylvain Ledoux, notaire,
au cens de 3 deniers à la baronnie pour l'article 2 des déclarations de 1645 et 1665, et 2 deniers pour la partie de l'article 3 qu'il détient, plus 7 sous au chapitre (partie d'une rente seconde de 10 sous due pour l'article 3 des anciennes déclarations).

Nota

François Pinault et Anne de Marans, son épouse, ont vendu l'autre partie de l'article 3, en grange, toit et jardin, à Etienne Deshouillières (sans date); Jean Gaudin, charpentier, demeurant paroisse St-Pierre, déclare cette partie pour le terrier, à cause de sa femme Jeanne Deshouillières, fille d'Etienne Deshouillières ci-dessus, au cens de 1 denier, plus 3 sous au chapitre (autre partie de la rente foncière de 10 sous due sur l'article 3 des anciennes déclarations).

EN VILLE BASSE

1. Groupe de trois maisons avec jardins, rue Faideau nord (n° 73, 75 et 77), entre une venelle et la maison dite "du roi Jean", plus une grange sise dans la venelle, en face de la première maison

En 1553, cet ensemble est grevé d'une rente de 6 livres au bénéfice de la chapelle de Notre-Dame la Piette en l'église Saint-Léger. En 1778-1780, la rente apparaît transférée à la chapelle de Notre-Dame de Liesse en la même église. La première chapelle tire son nom d'une famille Piet, qui a été souvent citée, notamment d'après le "compte de Mathelin Laurens, receveur pour le comte d'Harcourt", publié par H. Beauchet-Filleau dans Pièces inédites, rares ou curieuses concernant le Poitou et les Poitevins, Paris, 1870, p. 56. En effet, ce document, daté de 1430, mentionne une maison de Jeanne Piette contiguë à l'ancien four de la seigneurie d'Harcourt .

En 1553, les n° 73 et 75 sont déclarés en commun par Julien Maulay, hôte de la Corne de Cerf, et Denis Dupuy, cordier, au cens de 20 deniers (erreur probable pour 2 deniers) au baron; le n° 77 et la grange sont à Clémence Chaillou, veuve Pierre de Saugé, qui ne les déclare pas. L'ensemble doit une rente de 120 sous (6 livres) au chapelain de la chapelle de "Notre-Dame la Piette", en l'église Saint-Léger, assise par moitié sur les n° 73 et 75 d'une part, le n° 77 et la grange d'autre part. Le chapelain appelle cet ensemble "maison de Notre-Dame la Piette" avec jardins.

Les propriétaires successifs sont, d'après le terrier :

Maison n° 73

- Michel Roy, chapelier
- 1722 : Renée Roy, héritière du précédent, veuve Simon Delisle, boucher, déclare à la baronnie au cens de 1 denier, pour la maison et la grange avec fenil
- Pierre Delisle, marchand fermier, fils et héritier des précédents
- 13 juillet 1778 : Pierre Delisle, menuisier, et Élisabeth Delisle, veuve Jacques Girault, cordonnier, enfants du précédent, demeurant paroisse Saint-Léger, déclarent conjointement
une maison en la grande rue, depuis peu partagée entre eux, consistant en boutique, dessous, trois chambres hautes, deux greniers, cour, cave, grange, jardins en terrasses d'environ une demie boisselée, dans les coteaux, joignant d'un côté à une petite rue ou venelle allant de ladite grande rue à leurs jardins, d'autre côté aux maison, cour et jardin de François Gazeau, d'un bout à la dite grande rue conduisant du carroir Piet à celui de Trilloton sur main droite, et faisant l'angle ou coin des dites grande et petite rues, et d'autre, par le derrière, aux jardins en coteaux de M. Pignonneau des Brières, le mur de terrasse entre deux,
au cens de 1 denier à la baronnie, plus 40 sous faisant partie de 6 livres de rente au chapelain de la chapelle "de Lutesse" (pour "Notre-Dame de Liesse") en l'église Saint-Léger.

Maison n° 75

- Pierre Delisle, boucher
- 1722 : Simon Delisle, chapelier, mari de Louise Multeau, déclare à la baronnie, au cens de 1 denier
- 20 avril 1773 : Clément Gazeau, sergettier, et sa femme Catherine Gardemaud, vendent à François Gazeau, marchand fermier, suivant acte passé par Germonneau, notaire à Chauvigny
- 13 juillet 1778 : François Gazeau ci-dessus, marchand fermier, demeurant paroisse Saint-Just, déclare une maison en la grande rue, consistant en boutique, deux chambres hautes, greniers par le dessus, cour, petit bâtiment au bout qui était anciennement en grange, jardin par le derrière en terrasses et coteaux, contenant environ une demie boisselée, joignant d'un côté aux maison, cour et jardin de Pierre Delisle et la veuve Girault, d'autre aux maison, cour et jardin du sieur Georges Doré Boitaudière, du même côté, par un angle sortant sur main droite en forme de litre et terrasse, au jardin en coteaux de la maison du Soleil à M. le chevalier de Chessé, les murs entre, d'un bout, par le devant, à la dite grande rue conduisant du carroir Piet à celui de Trilloton sur main droite, et d'autre, par le derrière, aux jardins en coteaux de M. Pignonneau des Brières, le mur de terrasse entre,
au cens de 1 denier à la baronnie, plus 20 sous faisant partie de 6 livres de rente au chapelain de la chapelle "de Lutesse" en l'église Saint-Léger.

Maison n° 77

- 1645 : Jean Doré, sergent royal, déclare au cens de 8 deniers à la baronnie
- Pierre Doré, chirurgien
- 18 juillet 1778 : maître Georges Doré, notaire et procureur de la baronnie, demeurant paroisse Saint-Léger, héritier du précédent, son oncle, déclare une maison au carroir Piet, consistant en plusieurs chambres basses et hautes, greniers par le dessus, caveau, cour, galerie double et autres aisances, avec petit jardin en forme de terrasses contenant environ un huitième de boisselée, le tout se tenant, joignant d'un côté à la maison de François Gazeau, d'autre aux maison, galerie et jardins de la maison du Soleil à M. le chevalier de Chessé, d'un bout, par le devant, à la rue de Saint-Léger conduisant du château - passant sur le carroir Piet - au carroir Trilloton, sur main droite, et d'autre, par derrière, à une litre de jardin en terrasse de François Gazeau, le mur de terrasse entre,
au cens de 8 deniers à la baronnie et à la rente foncière de 3 livres au chapelain de la chapelle "de Lutesse" en l'église Saint-Léger, pour cette maison et la grange qui suit, "en solidité de celle de 6 livres avec autres";

La grange

- 1722 : Renée Roy, veuve Simon Delisle, boucher, la déclare en même temps que le n° 73
- Pierre Delisle, marchand fermier, fils des précédents
- 18 juin 1778 : maître Georges Doré, notaire et procureur de la baronnie, demeurant paroisse Saint-Léger, déclare
une grange avec fenil au dessus, joignant d'un côté, par le devant, à la maison de Pierre Delisle, menuisier, et Élisabeth Delisle, veuve Jacques Girault, depuis peu divisée entre eux, une petite rue ou venelle allant de la grande rue de Saint-Léger à la dite grange et au jardin de François Gaudin entre, sur main gauche, d'autre, par le derrière, à la maison du sieur Métairie de la Groge, d'un bout, du côté de la dite grande rue, à la maison du dit Gaudin, et d'autre, du côté des coteaux, au petit jardin du dit Gaudin, au cens de 1 denier à la baronnie.

2. Maison sans nom, rue Faideau sud, entre la rue du Petit Pont et la venelle du Grand Logis, avec jardin au sud du ruisseau

- 1643 : André Santerre déclare à la baronnie au cens de 2 deniers, pour la maison et le jardin
- messire de Chessé, seigneur d'Auzet, et Marie Lamoureux sa femme
- 18 juin 1759 : Élisabeth de Chessé, fille des précédents, baille à rente à Marie-Madeleine Félicité Le Donné, suivant acte passé par Germonneau, notaire
- 2 juin 1778 : cette dernière, fille majeure, demeurant paroisse Saint-Léger, déclare une maison consistant en deux chambres basses, cave au dessous, chambre haute, corridor et cabinets, petite cour avec chambre basse surmontée d'un grenier, l'ensemble joignant d'un bout, par le devant, à la grand rue, d'autre, par le derrière, au ruisseau sur lequel il y a un pont de bois pour aller dans son jardin; celui-ci, entouré de murs, contenant cinq quarts de boisselée, joint d'un bout à la ruette du Petit-Pont, d'autre bout au chemin de la place de Saint-Léger au ruisseau, au-dessous de la chaussée et du moulin de Saint-Léger, d'un côté au ruisseau, sur main gauche en suivant son cours, d'autre côté au cimetière de Saint-Léger; il a une entrée sur la ruette par une petite porte et une sur le "chemin" par des portes bâtardes; une grange avec une petite maison en appentis, a son entrée en portes bâtardes sur la "ruette",
au cens de 2 deniers à la baronnie pour l'ensemble, plus une rente seconde de 60 livres due pour raison du bail de 1759, qui est actuellement payée à Louis Laglaine, comme héritier de la bailleresse, la dite demoiselle de Chessé.

3. Maison sans nom, rue Faideau sud, à l'angle est de la rue du Moulin Saint-Léger

- 1644 : Jacques Mayaud, procureur du roi à Poitiers, Laurent Richard à cause de sa femme Françoise Mayaud, et Jean Chevalier, conseiller à Poitiers, déclarent conjointement
- Étienne de Luzines, fermier général de la baronnie
- 20 juillet 1778 : dame Anne Marie Thérèse de Luzines, veuve de M. Pierre Augustin Delauzon, sénéchal de la baronnie, et demoiselle Anne Marguerite Sylvie de Luzines, fille majeure, demeurant l'une et l'autre paroisse de Saint-Léger, toutes deux filles et héritières en partie du précédent, déclarent pour elles et leurs cohéritiers,
une maison consistant en plusieurs chambres basses et hautes, greniers par dessus, cuisine, cave, celliers, buanderie, écurie, fenils, grange, cour et jardin par le derrière, le tout se tenant et contenant environ deux boisselées, joignant d'un côté à la rue conduisant de la grande rue au moulin de Saint-Léger sur main gauche et à une grange et jardin de Sylvain Boutault qui sont enclavés dans l'angle de la maison, d'un bout, par le devant, à la grande rue, d'autre bout, par le derrière, au ruisseau,
au cens de 6 deniers à la baronnie, conjointement et solidairement avec le dit Boutault, duquel devoir elles paient 5 deniers, plus une rente seconde foncière de 9 livres aux administrateurs de l'hôpital de la ville, sur partie de la maison, faisant partie de 12 livres dues solidairement avec maître Jarriau, qui possède la maison voisine.

4. Trois immeubles contigus : deux maisons au carroir Piet, rue Faideau n° 48 et 50, et jardin rue du Moulin Saint-Just ouest, où était le temple des protestants, l'ensemble constituant une unité de redevance au baron

- 1645 : Pierre Forent, chirurgien, Jean Barjou, Pierre Delisle et autres, déclarent l'ensemble à 7 sous 6 deniers de cens à la baronnie

Maison n° 48, à l'ouest

- messire Charles de Chessé, écuyer, seigneur des Maisons Blanches et autres lieux
- 4 juillet 1778 : messire Jacques de Chessé, écuyer, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, seigneur des Maisons Blanches et autres lieux, demeurant paroisse Saint-Léger, fils et héritier en partie du précédent, déclare
une grande maison au carroir Piet, consistant en plusieurs chambres basses et hautes, greniers par dessus, cave, buanderie, bûcher sous une galerie de Jean Maignon, cour, écurie avec fenil par dessus, autres aisances, jardin de un quart de boisselée, le tout se tenant, joignant d'un côté à la maison, cour et jardin du sieur Chauvin, chirurgien, d'autre à la maison et cour de Jean Maignon qui sont enclavées dans l'angle de sa maison, du même côté, par un angle sortant sur main gauche que constituent les dites cour et écurie, à la rue du Moulin Saint-Just, dans laquelle la cour a son entrée par des grandes portes, et encore du même côté, par un autre angle rentrant sur main droite que constitue l'autre côté du jardin, au jardin de Jérôme Ledoux, le mur entre, d'un bout, par le devant de la maison, à la grande rue et d'autre, par le derrière et bout du jardin, au ruisseau, au delà duquel est un autre jardin qu'il tient du prieuré de Saint-Just,
au cens de 5 sous à la baronnie, partie de 7 sous 6 deniers dus conjointement et solidairement avec Jérôme Ledoux et Jean Maignon.

Maison n° 50, à l'est (angle de rue)

- Marie Doré, veuve Georges Ledoux, notaire et greffier de Chauvigny
- 23 juillet 1758 : Jean Maignon, voiturier, et sa femme Marie Mathias prennent à rente de la précédente, suivant bail passé par Fradin, notaire à Chauvigny
- 4 juillet 1778 : le précédent, demeurant paroisse Saint-Léger, déclare en son nom et faisant pour Marie Mathias, sa femme, un petit bâtiment consistant en boutique, grand dessous servant de grange et écurie, deux chambres hautes, grenier et galetas au dessus, galerie sur le bûcher du sieur Jacques de Chessé et petite cour, joignant de deux parts à la maison et cour du dit de Chessé dans l'angle desquelles le petit bâtiment est enclavé, d'autre part, par le devant de la boutique, à la grande rue, d'autre à la rue conduisant du carroir Piet au moulin de Saint-Just sur main droite, dans laquelle les cour et grange ont leurs entrées, lequel petit bâtiment fait l'angle des dites deux rues sur le carroir Piet,
au devoir de 21 deniers, partie de 7 sous 6 deniers de cens dus à la baronnie avec Jacques de Chessé et Jérôme Ledoux, plus une rente seconde foncière de 25 livres à Jérôme Ledoux, fils de Georges Ledoux, suivant le bail ci-dessus.

Le jardin

- 20 décembre 1687 : Pierre Doré, chirurgien, le prend à rente de l'hôpital général de Poitiers, suivant acte passé par Béguier, notaire à Poitiers
- Marie Doré, fille et héritière du précédent, épouse de Georges Ledoux, notaire et greffier de Chauvigny
- 4 juillet 1778 : Jérôme Sylvain Ledoux, notaire et procureur de la baronnie, demeurant paroisse Saint-Just, fils et héritier des précédents, déclare un jardin dans lequel était anciennement le temple de la religion prétendue réformée, contenant environ un demi quart de boisselée, joignant d'un côté au jardin du sieur de Chessé, d'un bout à son écurie, d'autre côté à la rue conduisant du carroir Piet au moulin de Saint-Just sur main droite et d'autre bout au moulin de Saint-Just, le ruisseau entre deux, et faisant l'angle de la dite rue et du ruisseau,
au cens de 9 deniers, partie de 7 sous 6 deniers dus à la baronnie avec Jacques de Chessé et Jean Maignon, plus une rente de 40 sous à l'hôpital général de Poitiers, suivant l'acte d'arrentement ci-dessus.

Remarque

Narcisse Piorry croyait à l'existence de deux temples des réformés, un "vieux", qu'il désignait comme "la maison de Julien, le boulanger" ou "la maison des Tribouillard", et un "nouveau", qu'il situait dans "la maison que M. Bergeonneau a achetée à la famille de Chessé" ("Chronique de Chauvigny" manuscrite p. 132). Il était arrivé à cette conclusion après enquête auprès de plusieurs "anciens" du pays. La première maison est évidemment la "maison du Chêne Vert" du terrier de la baronnie et la seconde celle que Jacques de Chessé a déclarée pour le même terrier, en 1778.

On voit ainsi l'origine de l'attribution de la première aux Templiers : la "maison du temple" a été interprétée "la maison du Temple". Charles Tranchant a consacré beaucoup d'efforts à la recherche d'une implantation des Templiers dans la ville. N'ayant rien trouvé, il s'en est remis lui aussi à "la tradition" et sa prise de position a été déterminante dans l'attribution actuelle de l'édifice aux Templiers, par Pol Jouteau interposé.

D'autre part, Piorry se trompait en localisant le "nouveau temple" dans la propriété des de Chessé. Charles Tranchant a commis la même erreur, en s'appuyant sur l'acte du 4 juillet 1778 que nous avons analysé. Il est probable qu'on ne lui a communiqué que le début de cet acte, début qu'il a reproduit dans sa Notice historique (p. 145 note 2); comme les trois propriétaires des trois immeubles contigus ont déclaré ensemble, le notaire a fait d'abord une description générale du groupe d'immeubles, dans lequel il a signalé l'ancien temple, mais la situation exacte de celui-ci se trouve dans le corps de l'acte.

Contrairement à ce que pensait Tranchant, le temple a bien été démoli, en application d'un arrêt du 6 août 1665. L'emplacement a été saisi et donné à l'hôpital général de Poitiers qui l'a baillé à rente en 1687. Le jardin est présenté comme contenant environ un demi quart de boisselée, soit quelque 125 mètres carrés, mais la parcelle qui semble y correspondre, sur le plan cadastral de 1833, mesure environ 25 mètres sur 12, soit 300 mètres carrés.

5. Maison avec pierre de remploi considérée comme représentant "les trois rois", à l'angle de la rue des Trois Rois et de la rue du Berry

- 1722 : Catherine Courtois, veuve en premières noces de Charles Roquet, en seconde de Jean Jouhet, Maurice Jouhet à cause de sa femme Louise Courtois, et Fulgent Courtois, déclarent ensemble au cens de 1 denier à la baronnie
- 25 août 1747 : maître Jean Penin, seigneur de la Rivière-aux-Chirets, prend à rente la part de Catherine Courtois ci-dessus, suivant acte passé par Tribouillard, notaire à Chauvigny
- 30 octobre 1747 : le même prend à rente la part de Charles Courtois et autres héritiers de Louise Courtois, leur tante, suivant acte passé par Germonneau, notaire à Chauvigny
- 18 juillet 1778 : Charles Babaud, notaire et procureur fiscal de la baronnie, demeurant paroisse Saint-Léger, déclare à cause de sa femme Marie Radégonde Penin, fille et héritière en partie de Jean Penin ci-dessus,
une maison au carroir Piet, où est planté le poteau de la baronnie, faisant le coin ou angle des deux rues ci-dessous désignées, consistant en plusieurs chambres basses et hautes, greniers par le dessus, cabinets, étude, cave, buanderie et autres aisances, deux cours séparées par un mur et des "barreaux," dont l'une était anciennement en jardin, au bout de laquelle est un grand bâtiment "en appent" servant actuellement de grange et écurie, fenil par le dessus, le tout se tenant, joignant par le devant à la rue conduisant du carroir Piet au carroir de la Corne sur main gauche [rue du Berry], ainsi que d'un côté en tournant, et aux cellier et grange du sieur Doré, par un angle rentrant sur main gauche au dessous de la dernière cour et, par le haut de la grange et écurie, à la grange autrefois en maison de Jean Martineau, marchand, et à la maison de Georges Gaudin, d'autre côté à la rue conduisant du château au carroir Piet sur main gauche [rue des Trois Rois], dans laquelle sont les issues des cours et grange, et d'autre, par le derrière, c'est-à-dire le long de la grange, aux maisons et jardins du dit Gaudin et de Jean Caillaud sergettier, une petite venelle entre deux, commune aux dits Gaudin et Caillaud, qui réunit les deux rues ci-dessus et permet d'accéder au puits commun des deux hommes qui est dans le jardin de Caillaud,
au cens de 1 denier à la baronnie, plus une rente de 17 livres 2 sous 4 deniers aux héritiers et représentants de Catherine Courtois, une rente de 8 livres 11 sous aux héritiers et représentants de Charles Courtois et autres, une rente de 47 sous au chapitre, une rente de 8 livres en argent, un gâteau d'un boisseau de froment (
sic) et d'une livre de beurre, 10 livres et deux langues de boeuf, à mademoiselle Roquant, petite-fille et héritière de M. Gobert, seigneur de Saint-Martin-la-Rivière.

6. Maison sans nom, rue de la Paix ouest, n° 47, non loin du ruisseau

- une personne inconnue baille à rente à Jean Doré
- Pierre Doré, notaire et procureur, fils et héritier du précédent, mari de Madeleine Texereau
- 15 mars 1765 : Madeleine Texereau, veuve de Pierre Doré, amortit la rente ci-dessus à Catherine Radégonde Mercadier, fille majeure et héritière de maître Louis Mercadier, procureur au présidial de Poitiers, qui est au lieu du bailleur ci-dessus, suivant acte passé par Brunet, notaire à Poitiers
- 8 février 1779 : maître Jérôme Sylvain Ledoux, notaire et procureur de la baronnie, demeurant paroisse Saint-Just, déclare à cause de Marie Doré, son épouse, fille et héritière de Pierre Doré et Madeleine Texereau ci-dessus,
une maison, rue de Saint-Just, consistant en corridor à l'entrée, deux chambres basses sur main gauche de celui-ci, deux chambres hautes avec leurs corridors sur même main, grenier par dessus, cuisine et cabinets, cour, grange, cuvier, celliers grand et petit, buanderie, jardin, four, bûcher dans lequel est une tour, le tout se tenant et contenant ensemble environ une boisselée et demie, joignant d'une part, par le devant, qui est d'un bout, à la rue de Saint-Just, d'un côté à la maison de Michel Coulon et à celle des enfants et héritiers de Georges Chevalier, chapelier, du même côté à une petite rue ou cul-de-sac qui était anciennement nommée la venelle ou ruette du Tuchon, venant de ladite rue Saint-Just aux grandes portes de sa cour et à la grange et jardin de Louise Vaugis, sur lequel jardin le dit grand cellier, qui anciennement formait deux granges, a sa vue, d'autre bout, par le derrière, à ses chènevières nommées Paradis, actuellement en prés, qu'il prétend relever du prieuré de Saint-Just, le ruisseau descendant du pont de l'Aumônerie à la Vienne entre deux sur main droite, sur lequel le dit jardin a sa sortie par un pont de bois pour aller dans les dits prés, l'ancien mur de ville servant de fermeture au dit jardin entre celui-ci et le ruisseau, et d'autre côté, vis-à-vis le bûcher et four, au jardin de François Guérin, boucher, et, en suivant, à la maison, jardin et fondis de Jean Guérin, maçon, et de la veuve Léger; l'ensemble au cens de 2 deniers à la baronnie.

Le surplus de sa maison, qui consiste en salle basse, chambre haute sur celle-ci et grenier par dessus entre deux, qui est sur main droite en entrant dans le premier corridor, faisait anciennement partie de la tenue de maisons nommée la Salle des Gilliers qu'il prétend être mouvante de la seigneurie d'Artiges.

7. Maison du chirurgien Le Donné, rue de la Paix ouest, n° 7, avec jardin dépendant, en Paradis

- 1646 : Jean Cherbonnier, chirurgien, déclare à la baronnie, au cens de 12 deniers, savoir 6 deniers pour la maison et 6 deniers pour le jardin
- Charles Berthelot de la Tourette
- demoiselle Berthelot de la Tourette, fille et héritière du précédent, épouse du sieur Gachet
- Jeanne Gachet de la Bertonnière, fille des précédents, épouse de Pierre Le Donné
- 28 novembre 1778 : Jérôme Le Donné, maître chirurgien, demeurant paroisse Saint-Just, faisant tant pour lui que pour ses frères, tous enfants et héritiers des précédents, déclare
une maison, rue de Saint-Just, consistant en deux chambres basses avec leur couloir, deux chambres hautes, greniers par le dessus, cuvier, galerie, écurie, bûcher, cour ayant sa sortie sur le ruisseau, l'ensemble joignant par le devant à la rue de Saint-Just, d'un côté à la maison et appartenances du sieur Provôt [ancienne auberge de la Fontaine, au sud], par le derrière au ruisseau, et d'autre côté à la maison et appartenances des héritiers de François Giraudeau et Radégonde Girault sa femme,
et une "chènevière ou jardin", close de murs, d'une boisselée et demie ou deux, située à l'endroit nommé le Paradis, joignant d'un côté à la cour de sa maison, le ruisseau entre deux, au derrière des maisons du sieur Provôt, de Berthonneau et de Charron, le ruisseau entre deux, d'un bout à des granges donnant sur la rue du Bas-Bourg, d'autre côté à la rue ou sentier conduisant du faubourg de l'Aumônerie à la Vienne à l'endroit nommé le Pavillon, sur main droite [rue Neuve du Bas-Bourg], et d'autre bout à un petit renfermis anciennement en chènevière, actuellement en pré artificiel, appartenant au sieur Ledoux; on accède à ce jardin par un pont de bois sur le ruisseau, au fond de sa cour, et aussi par une porte à deux vantaux ouvrant sur la dite rue ou sentier,
au cens de 12 deniers à la baronnie pour les deux articles, 6 deniers pour la maison et 6 deniers pour le jardin.

Il signale que le jardin a été reconnu comme du fief du prieuré de Saint-Just par une déclaration de Pierre Le Donné, son père, en 1768. Aussi le notaire ajoute-t-il : "pour quoi il proteste que la déclaration ci-dessus pour raison du dit jardin ne pourra lui nuire ni préjudicier en aucune façon que ce puisse être". Cette situation n'est pas unique. Dans le terrier, on trouve trace de différends entre seigneurs fonciers sur l'appartenance de quelques immeubles à telle ou telle seigneurie.

Publié dans Le Pays Chauvinois, bulletin de la Société de recherches ... de Chauvigny, n° 32, 1994, p. 41-52.