NOMS DE LIEUX DE CHAUVIGNY ET DES ENVIRONS

Ce relevé comporte des noms de lieux habités, de terroirs et de fiefs. Il n'a pas la prétention d'être exhaustif. Il comprend essentiellement des noms pour lesquels on connaît des formes assez anciennes pour émettre des hypothèses sur leur signification. Si l'origine ne peut être décelée, la connaissance des formes anciennes n'est pas sans intérêt; on pourra par exemple constater que de simples noms de terroirs remontent fort loin.

Les désignations des lieux habités (villages, hameaux, fermes, maisons rurales...), les communes indiquées en localisation et beaucoup de formes anciennes sont celles du Dictionnaire Topographique de la Vienne, de Louis Rédet, qui est excellent. Certes cet ouvrage, qui date de 1881, ne reflète pas la situation administrative actuelle, plusieurs communes du XIXe siècle ayant fait l'objet de regroupements, mais il permet une localisation plus précise. De même, les citations sans références sont extraites de ce dictionnaire.

 
Abréviations :

- Références d'ouvrages :

AHP : Archives Historiques du Poitou.
Auber : Abbé Auber, " Recherches archéologiques sur Saint-Pierre-les-Églises ", dans
Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, année 1851, p. 263-416.
B.-F. : Beauchet-Filleau,
Dictionnaire des familles du Poitou.
D'Arboval : H. D'Arboval,
Angles-sur-Anglin et Chauvigny-sur-Vienne, II. Chauvigny-sur-Vienne, Tours, Péricat, 1924.
Inv som :
Archives départementales, Inventaires sommaires.
Morlet : Morlet Marie-Thérèse,
Les noms de personne sur le territoire de l'ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, C.N.R.S., 1971.
P.C. :
Le Pays Chauvinois, bulletin annuel de la Société de recherches... de Chauvigny.
Rézeau : Rézeau Pierre,
Dictionnaire des régionalismes de l'Ouest, entre Loire et Gironde, Le Cercle d'Or, 1984.
Riffault : Riffault L. et autres,
Statistique agricole de la France, annexe à l'enquête de 1929, Monographie agricole du département de la Vienne, Poitiers, imprimerie l'Union, 1937.
Tranchant : Charles Tranchant,
Notice sur Chauvigny de Poitou et ses monuments, 2e édition, Paris, 1884, en particulier Annexe XI, p. 196-202.

- Références de dates (pour éviter les répétitions) :

1430 : " Compte de Mathelin Laurens, receveur pour le comte d'Harcourt ", dans Beauchet-Filleau, Pièces inédites, rares ou curieuses concernant le Poitou et les Poitevins, Paris, 1870, p. 50-79.
1553 : déclaration des cens et rentes perpétuelles assis sur les immeubles de la ville et des faubourgs (Archives Départementales, G 8, registre 189).
1566 et 1583 : deux déclarations des biens du chapitre de Chauvigny (analysées dans
le Pays Chauvinois, n° 19, 1980, p. 26-29).
1778-1780 : terrier de la baronnie de Chauvigny (Archives Départementales G 34)

 

Ageois (les), fief relevant de la baronnie de Chauvigny : - les Ageoies, 1548 - village des Ageoys, 1573 - fief des Ageois alias Charrasson, 1608 (DTV, article Charasson, hameau, Pouzioux). Dérivé du surnom de famille de l'Age. Le " fief de l'Age ", à Chauvigny, doit aussi son nom à cette famille.

 Aguets (les), terroir, Saint-Pierre-les-Églises, près la Caronnière : probablement nom de famille Agait, au pluriel. Jean, Laurent et Guillaume Agait sont désignés en 1309-1310, dans des déclarations pour la châtellenie d'Angles (AHP X, p. 311-312).

 Aguzon, maison rurale, Saint-Pierre-les-Églises : - Aguzon, 1320 - Aguison, 1397 - village de Gusson, 1580 - la métairie d'Aguzon, 1566. Origine inconnue.

 Aillé, maison isolée et chapelle en ruine, Saint-Pierre-les-Églises : - medietas ecclesie de Alliaco, la moitié de l'église d'Aillé, 1019-1027 (AHP III, p. 137) -  media ecclesia que vocatur Alliacus, la moitié de l'église qui est appelée Aillé, vers 1022 (ibid., p. 139) - Allec, 1149 -  Aillec, 1295 - la voie de Chauvigné par où l'en vait à Ayllec, 1309 (AHP X, p. 270). Formation en -acum; les noms en -acum remontent pour la plupart à l'époque gallo-romaine ou au haut Moyen Age.

 Anzec, hameau, Jardres : - villa que dicitur Anseiacus, village qui est dit Ansec, vers 970 - de Ansiaco, vers 1090 -  Ainsec, Ainzec, 1430. Formation en -acum.

 Arsay ou Arsac, lieu aujourd'hui inconnu, situé près Bonneuil, Saint-Martin-la-Rivière : - in villa que dicitur Arciacus, dans le village qui est dit..., 986 ou 987 (AHP III, p. 225) -  in villa que vocatur Arciacus, vers 1007 (ibid., p. 225) - le herbergement de Arssac, vers 1300 (AHP LVII, p. 30) - les tenant d'Arssait, vers 1300 (ibid., p. 26). Formation en -acum.

 Artiges, ferme et hameau, Chauvigny, rive gauche : - pratum nomine de Artigia, pré dit d'Artige, 1295 (acte de vente du château de Montléon à l'évêque de Poitiers) - la disme d'entre le pont de Chauvigné et la maison de Artiges, 1309 (Déclaration de fief faite par la dame de Migné à l'évêque de Poitiers, dans AHP X, p. 273). Le terme " artige " est probablement antérieur au latin; cependant, comme il est assez répandu comme nom de lieu, il a dû être encore usité dans le haut Moyen Âge. On lui attribue le sens primitif de " friche " mais il n'est pas certain qu'il ait encore eu ce sens dans les derniers temps de son utilisation.

 Ballet (le), terroir, Chauvigny rive gauche, près d'Artiges : - clos du Ballet, 1778-1780; voir Cueille. Le mot ballet désignait une sorte de hangar.

 Barballières (les), village, Bonnes : - Barbaleria, 1259 - les terrages des Barbeliers, 1309 (AHP X, p. 262) - les Barbelères, 1310 (ibid., p. 266) - la Barbelière, 1310 (ibid., p. 305). Dérivé probable du nom de personne Barbeau. On remarque une hésitation entre singulier et pluriel.

 Beaumarchais, hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - chemin par où l'en vait au Beau Marcheys, 1309 (AHP X, p. 278). Le mot marchais signifiait " mare ".

 Beauvais, village, Saint-Pierre-les-Églises [prononcé Biôvoua] : - de Bello Visu..., apud Bellum Visum, 1310 (AHP X, p. 304) - Beauveoir, 1410 - Beauvoirs, 1503. Type bellum visum, " belle vue ", interprété " beau voir " aux XVe et XVIe siècles. Les noms qui désignent des " points de vue " ne sont pas rares. Plus récemment, un nouveau quartier, sur la nouvelle route de Saint-Savin, a été appelé Bellevue pour la même raison.

 Bedourie (la), fermes, Saint-Pierre-les-Églises : - la Bedoerie, la Bodoerie, 1309 (AHP X, p. 272 et 273) - la Bodoerie, 1310 (ibid., p. 304). Dérivé du nom de personne Bodoer, avec le suffixe -ie. Un Robert Bodoer souscrit une donation du chanoine Hugues, frère de Guy de Chauvigny, à Dienné, vers 1015 (AHP III, p. 237) et aussi la notice relatant la fondation de l'église du Saint-Sépulcre de Chauvigny, entre 1019 et 1027 (AHP III, p. 137). Vers 1300, un Guillaume Bedoer, fils de Michea Bedoer, est possessionné près du Charrault-de-Boussec (AHP LVII, p. 28).

 Bellavoine (fief de) : fief réuni à la baronnie avant le milieu du XVIIe siècle, qui est présenté en détail dans le terrier de 1778-1780. Il s'étendait sur les coteaux de la rive gauche de la Vienne, à droite du chemin qui conduit à Morthemer. Son nom est dû à une altération de Batlavoine, nom d'une famille qui est représentée en 1430 par un marchand nommé Bertrand Batlavoine (voir mon article intitulé " Le fief d'Harcourt en 1430 ").

 Belletière (la), ferme, Saint-Martin-la-Rivière : - la Belletère, 1349 - la Belletière, 1600. Dérivé du nom de personne Bellet. Un Frotier Belet est désigné vers 1095 (AHP III, p. 300-302).

 Bertegont, terroir près Chauvigny, désigné vers 1080, aujourd'hui inconnu : - in Bertegunt, en Bertegont (AHP III, p. 141). Nom de femme d'origine germanique (type Bertagundis en latin).

 Blaquerie (la), terroir, Chauvigny rive gauche, sur la route de Saint-Martin-la-Rivière : - la vigne de Denis Goujault nommée la Bellaquerie, 1778-1780. Origine inconnue.

 Bois-Clerbault, ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - le Boys Clerbaut, 1397 - Bois Clerebaut, 1409 - le Boys Clerbault, 1584. Le nom de personne Clerbaud n'est pas rare aux environs de Chauvigny, depuis le XIe siècle. Ainsi, vers 1065, un Geoffroy Clerbaud souscrit un acte relatif à Arsait, près de Bonneuil, commune de Saint-Martin-la-Rivière (AHP III, p. 224).

 Bois-Cordous (les), près l'Epinasse, Saint-Pierre-les-Églises : - a Espinace ou environ les boys vulgaument apelez boys Cordous, 1309 (AHP X, p. 270) - le boys Cordos, 1309 (ibid., p. 282). Nom de famille. Un Ayraud Cordos ou Cordous est désigné à la même époque (AHP X, p. 260, 265, 268, 269, 270); de même un feu Pierre Cordos (ibid., p. 273). Il a dû exister un lieu habité appelé la Cordelière, à l'Epinasse, nom dérivé de Cordou (ibid., p. 270-271).

 Bois de Saint-James, Saint-Pierre-les-Églises, au sud de la Stère : pas de désignation ancienne connue. Ainsi dénommés, probablement, parce qu'ils ont appartenu aux Porcheron, qui étaient dits de Saint-James : en 1553, Louise Porcheron est " dame de la Sitière " [Stère]. Le nom " bois de Saint-Jacques ", apparu récemment, en même temps qu'un " pas de Saint-Jacques ", est une invention destinée à faire passer par ce lieu un imaginaire " chemin de Saint-Jacques " (voir Le Pays Chauvinois, n° 18, année 1979, p. 6-7).

 Bois-Joubert (le), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - terra de Bosco Jouberti, 1320 - Boys Jobert, 1403 - le Boys Joubert, 1594 - Bois-Gibert, 1861. Nom de propriétaire : Joubert. Gibert semble une déformation récente; la prononciation Gibert est confirmée par Auber, p. 363.

 Bois-Sénebaud (le), hameau, Jardres et Chauvigny : - la gaygnerie do Boys Sandebaut, 1309 (AHP X, p. 263) - le lieu appelé le Bois Sénebaud, contenant trois minées de terre ou environ, qui consiste en maisons, vignes et terres labourables, 1566 et 1583. Doit vraisemblablement son nom à la famille Sénebaud, issue de celle qui a fourni plusieurs évêques de Poitiers, aux Xe et XIe siècles.

 Bonnac, terroir, près les Groges, Saint-Pierre-les-Églises (ancien plan cadastral) : - Petit Bonaz, vers 1310 (voir Groges). Inexpliqué.

 Bornais (les), terroirs divers : le mot désigne la nature de la terre. Dans les " pays de brandes ", notamment dans la Vienne, on appelle bornais des terrains de transport, profonds, constitués de sables fins plus ou moins argileux renfermant des graviers et des cailloux (Riffault, p. 33).

 Bouchaux (les), hameau, Pouzioux : - villagium de Bocheaus, 1309 - les Bouchaux, 1445. Dérivé probable de " bois ", vraisemblablement un diminutif.

 Bouiges (les), terroirs divers, Chauvigny, Jardres... : terres en friche. Le terme est encore en usage.

 Boursaudière (la), hameau, Pouillé : - la Borsaudère, 1385 - la Boursadère, 1453 - la Boursaudière, 1513. Dérivé du nom de personne Boursaud. Il existe d'autre part, dans la même commune, un bois appelé Taillis Boursaud, au nord-est des Salmondières.

 Brandes (les), terroir, Jardres (IGN 1/25000 Chauvigny 3-4) : terrains abandonnés à la grande bruyère.

 Brelaisière (la), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - le Charraut Berles [tenu en fief de l'évêque de Poitiers par Johan Berles], 1309 (AHP X, p. 282) - la Berlaisère, 1372 - le Charraut Berlays, 1386 -  herbergement aux Berlays, 1414 - la Brelaizière, 1503 - la Berlaysière, 1604. Dérivé du nom de personne Berles/Berlais. Le mot charrau/charraut désignait le plus souvent une grange, mais il est probable que, dès 1309, le " charraut Berles " est une habitation. D'autre part, dans la même année 1309, des " boys Berloys " sont désignés comme proches des " bois Cordou ", à l'Epinasse (AHP X, p. 270).

 Brelaisières (les), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - Bruillesères, 1320 - les Bruilhaisères, habitation de Jehan et Guillaume Bruilhais, 1402 - les Bruillaizières, 1503. Le texte de 1402 montre qu'on est en présence d'un dérivé du nom de personne Bruilhais avec le suffixe -ière (-ère en poitevin). Dès les environs de 1080, un Aldebert Brulleis est signalé aux environs de Chauvigny (AHP III, p. 141).

 Bremaudière (la), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - la Bourmaudère, 1320 - la Brumaudière, 1536 -  la Bremaudière, 1617. Dérivé d'un nom de personne difficile à déterminer en raison des hésitations de forme.

 Bressaudières (les), hameau, Bonnes : - les Brissaudières, 1422 - les Boursaudières, 1556. Dérivé du nom de personne Brissaud.

 Brétigny, maison rurale, Jardres : pas de forme ancienne connue. Cependant une demoiselle de Bertigny est désignée comme propriétaire à Chauvigny, en 1553.

 Breuil (le), village, Chauvigny et Jardres : - in loco qui vocatur Brolius, au lieu appelé le Breuil, vers 1060 - in loco qui vocatur au Brol, vers 1080. Terme très répandu qui a désigné une sorte de bois dans le haut Moyen Âge.

 Breuil-Porcheron (le), terroir près du village du Breuil, Chauvigny, désigné en 1566 et 1583  : - le fief et tenue appelé le Breuil Porcheron, situé en la paroisse Saint-Léger de Chauvigny, avec une pièce de terre au Breuil, dans le Clos Cholaton. Nom de personne : en 1309, Bertholomé et Guillaume Porcheron tiennent des terres au Breuil (AHP X, p. 286).

 Brigère (la), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - la Berigère, 1320 - la Brigière, 1503. Origine inconnue. Pourrait dériver d'un nom de personne Berric, signifiant " originaire du Berry ".

 Brise-Lattes, terroir, Saint-Martial, près le Châtaignier : - terres de Briselate, vers 1310 (AHP X, p. 307). Sens inconnu.

 Brossard (en), terroir, Chauvigny rive gauche, au nord d'Artiges : nom de personne non identifiée.

 Butte de Chails, terroir, Jardres (IGN 1/25000 Chauvigny 3-4) : monticule culminant à l'altitude 126. Il est inutile d'indiquer ce que sont les chails, le mot, très usité il y a peu, étant encore connu localement.

 Caronnière (la), village, Saint-Pierre-les-Églises [prononcé cârgnére] : - la Carrenère, 1281 - la vile de la Karronère, 1310 (AHP X, p. 267). Dérivé probable du nom de personne Carron : une terre de Guyon Karron est désignée en 1309, près du chemin de Chauvigny à Beaumarchais (AHP X, p. 278).

 Carte (la), terroir, près Vernelle, Saint-Martial : - le lieu et fief de Tessec et la Quarte, en la paroisse de Saint-Martial de Chauvigny, 1566 et 1583. Le mot quarte désignait une unité de superficie.

 Châgnerasse (la), terroir, Saint-Pierre-les-Églises : dérivé du mot châgne " chêne ", à valeur péjorative.

 Chalonges, Saint-Pierre-les-Églises; terrain planté en vignes, où se voient des restes de fortifications et de constructions anciennes appelées Montafilan (DTV) : - les cens do Chalonges, 1307 (AHP X, p. 300) - une pièce de vigne qui est aus Chalonges, 1309 (AHP X, p. 264) - Challonge, 1628. Origine inconnue ; peut-être en relation avec l'ancien mot chalonge " dispute, contestation ".

 Champ-Balavoine : en 1553 un "champ Balavoine" s'étendait au sud du Montauban, dans la censive du prieuré de Saint-Just. Voir Bellavoine.

 Champs-Chevrêts (les), terroir, Chauvigny rive gauche : - le Champ Chevrier, 1566. Nom de personne Chevrier/Chevrer : en 1430, les hoirs de feu Pierre Chevrer ont une maison au carroir Piet.

 Champs-de-l'Ormeau (les), terroir, Saint-Martial, le long du chemin de Chauvigny à la Puye : l'ormeau est peut-être celui qui est ainsi désigné au XVe siècle : - chemin de la porte Brunet à l'Ormeau aux Chantres (Tranchant p. 197).

 Chantegeai, ferme, Saint-Martial : - une pièce de vigne assize à Chante Jay, 1309 (AHP X, p. 287) - Champte jay, 1514, Chantegeay, 1575. Type " chante-geai ".

 Chantegreliou , terroir, Saint-Pierre-les-Églises [prononcé gueriou ou goriou] : nom composé signifiant " chante-grillon ". Pas de forme ancienne connue.

 Chanterane, hameau, Saint-Martial : - Chanterraine, 1547 - Chanterane, 1605. " Chante-grenouille "; du latin rana " grenouille ".

 Charaudemont, ferme, Saint-Martial. Le lieu s'est d'abord appelé Monts : le 10 juillet 1307, Guy Herbert, chevecier de Saint-Pierre de Chauvigny, fait aveu à l'évêque de Poitiers Arnaud, de l'hébergement de Monts avec les appartenances et la " gagnerie " (herbergamentum de Montibus cum pertinenciis et gagneriam) qu'il a reçu par succession paternelle, ainsi qu'il l'a tenu du seigneur Guy de Montléon, soldat (AHP X, p. 308). En 1340, Guillaume Herbert, également chevecier de Saint-Pierre de Chauvigny, rend à l'évêque Fort un aveu pour l'hébergement de Monts (B.-F., tome 5, d'après BN fonds lat. 17041). Le composé Charau de Monts est attesté en 1477 : le Charrault de Mons. Pour le sens de charrau, voir Brelaisière.

 Charrault-Bonniot (le), hameau, Saint-Pierre-les-Églises [prononcé Bougno] : - Jehan Bonnyot, sieur du Charaud, 1605 - le Charault Bonhiot, Cassini - le Charaud Bonneau, 1688. Une famille Bonniot est souvent nommée, à Chauvigny, depuis le XVIe siècle.

 Charrault-de-Boussec (le), maison rurale, Saint-Pierre-les-Églises, près de Boussec : - arbergement do Charrau, vers 1300 (AHP LVII, p. 27) - le Charrault Goupil, 1547 - le Charrault de Boussecq, 1666. Pour l'appellation Charrault Goupil, voir Goupillères.

 Châtaignier (le), ferme, Saint-Martial : - les vignes do clos des Chasteniers, 1309 (AHP X, p. 282) - mestairie du Chasteigner, cy devant appellée la mestairie de Cadeu, 1660. La citation de 1309 suggère que le clos de vignes appartient ou a appartenu à une famille Châtaignier.

 Château-Gaillard, ferme, Saint-Martial : - Chasteau Gaillard, 1633. Les maisons rurales de ce nom ne sont pas rares. Ainsi Château-Gaillard, maison à la Villedieu, est appelé en 1661 " métairie de Chasteau Gaillard, appellée autrefoys la Pautonnerie ".

 Chaume (la), hameau, Chauvigny rive gauche, en face du pont sur la Vienne : - cheux les Laurens, 1553 - village appelé la Chaume, au bout de l'ancien grand pont, consistant en maisons, granges, écuries, toits, places et jardins, 1778-1780.
Le mot chaume désigne un espace inculte. Dans mon enfance, on disait "sus la Chaume" pour désigner le terrain vague situé entre l'ancien village et l'abattoir.

 Chaumes-d'Aillé (les), terroir, Saint-Pierre-les-Églises : - une pièce de terre appelée les Chaumes d'Aillé, assise près la métairie d'Aguzon, 1566.

 Chaumillère (la), village, Lavoux : - la Chomignère, 1410 - la Chaumignyère, 1542 - la Chauminière, 1641 - la Chaumillière, 1775. Probablement type Chauminière, dérivé du nom de personne Chaumin.

 Chauvalière (la), village, Saint-Pierre-les-Églises : - la Chauvalère, 1320 - la Chauvallière, 1480. Dérivé du nom de personne Chauveau. Un Johan Chauveau est désigné en 1309 comme tenancier aux environs de Chauvigny (AHP X, p. 261).

 Chauvigny : - Guido de Calviniaco, Guy de Chauvigny, 1004-1018 - infra castello Calviniaco, sous le château de Chauvigny, vers 1013 - de Calvinec, vers 1090 - Chauvigné, 1309 - Chauvigny, 1353. Type Calviniacum, " domaine de la famille Calvinius ". Dès le milieu du XIVe siècle la forme locale, Chauvigné, est refaite sur le modèle des noms en -y. Pour désigner les habitants, on a récemment créé le terme Chauvinois, dont la dérivation aurait pour le moins surpris les gens du Moyen Âge, qui, s'ils avaient éprouvé le besoin de signifier ainsi leur identité, se seraient appelés Chauvignezais.

 Chemin des Morts : voie rurale séparant les paroisses des Églises d'une part, de Saint-Martial et de Saint-Pierre d'autre part, que suivaient les cortèges funèbres des paroissiens des Églises (Auber, p. 405).

 Chignolets (les), terroir, Saint-Pierre-les-Églises, au sud de Vaucour (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : dérivé de chaigne, forme locale du mot chêne.

 Chillou (le), hameau, Jardres : - le Chillou, 1515. Littéralement " le caillou ". Forme locale du mot chaillou, attesté dès le XIIe siècle, qui a été remplacé dans la langue nationale par le terme dialectal caillou, probablement d'origine normande.

 Chirons (les), terroir, Saint-Martial, près la Grange à Maillaud : un chiron est un tas de pierres extraites des champs, ou, éventuellement, un monceau de pierres constitué par écroulement d'une construction.

 Clos Berland (le), terroir, Saint-Martial : même nom de personne que dans la Berlanderie.

 Clos d'Harcourt (le), terroir, Chauvigny rive gauche : - dix minées de terre ou environ, plantées en vignes, appelées le Clos d'Harcourt, tenant d'une part au chemin de Chauvigny au Bois Sénebaud, d'autre au chemin de Chauvigny au Breuil et au Champ Chevrier, 1566. A dû être du domaine ou de la censive du château d'Harcourt avant d'être donné au chapitre. Tranchant signale une sentence du présidial de Poitiers, en date du 14 octobre 1611, qui a ordonné d'appeler ce terroir les Cueilles d'Harcourt, pour le distinguer d'un autre du même nom, dans la paroisse des Églises, qui devait prendre le nom de fief d'Harcourt (p. 64-65).

 Clos de l'Hommedemon, terroir près Plantemont, Saint-Martial : probablement " de l'Orme de Monts ".

 Clos de la Guérivière, terroir, Saint-Pierre-les-Églises : - pièce de pré située en la prairie de Saint-Pierre des Églises, joignant d'un côté, vers l'orient, à la closure nommée le clos de la Guérivière, appartenant au sieur Le Donné, chirurgien, au lieu du sieur Berthelot de la Guérivière, 1778-1780. Ce clos doit donc son nom au surnom d'un propriétaire.

 Clos de Pissevin, terroir : - une pièce de vigne assise en clos de Pissevin, touchant aus vignes de Lorères et le chemin par ou l'en vait de Prissec droit a Chauvygné, 1309 (AHP X, p. 272). Le bien nommé.

 Clos Fournier, terroir, Saint-Pierre-les-Églises : - la terre du clos Forner, 1309 (AHP X, p. 261). Le 19 mai 1636, Michelle Bonnet, veuve Melchior Dorin, marchand, lègue par testament à la cure de Saint-Just dix sous de rente sur des terres sises au Clos Fournier (Christian Barbier, PC n° 19, décembre 1980, p. 7). Nom de personne bien connu.

 Clos Ragons (les), terroir, Saint-Martial : - deux pièces de terre assises en Clos Ragond, tenant au chemin de la fosse de Maupertuis au clos de Merancelles, 1566. Ragond est un nom de femme; forme populaire de Radegonde.

 Closure Benet (la), terroir, Chauvigny : - petite tenue fermée de murs, nommée la closure Benet, en l'étendue du fief de Bellavoine, hors les ponts, entre le village de la Chaume du pont et la Roche Hennequin, 1778-1780. Closure est un synonyme de clos. Nom de personne Benêt, variante de Benoît.

 Corps-Saint (le), terroir, Saint-Pierre-les-Églises, sur le chemin de Chante-Greliou : - quamdam peciam terre sitam apud Corpus Sanctum prope Calvigniacum, une pièce de terre située au Corps Saint, près de Chauvigny, 1307 (AHP X, p. 308-309) - une pièce de terre sise au Cors Saint, 1309 (ibid., p. 278). Dans le haut Moyen Âge, on donnait le nom de corps saints à des restes humains d'origine inconnue. Il est probable qu'on y a découvert des sépultures, antérieurement à 1307.

 Côte (la), terroir : - Item les fourches qui sont dreciées en la terre du dit viconte [de Châtellerault], en lieu de la Coste, et lesquelles sont à deux piez et un travers, demourront en lieu où elles sont, et ne porra en toute sa terre et justice avoir autres fourches; et se elles cheoient ou porrissoient, il les porra refaire, touttefoiz que mestiers sera, en dit lieu de la Coste, 1387 (AHP X, p. 190; arrêt du parlement de Paris confirmant un traité fait en 1377, entre l'évêque de Poitiers et Louis d'Harcourt, vicomte de Châtellerault et seigneur d'Harcourt à Chauvigny). Lieu non identifié.

 Courance (la), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : ce terme a désigné un petit cours d'eau, mais la forme actuelle du toponyme n'est peut-être pas la forme d'origine.

 Courtiou (le), hameau, Pouillé : - bois du Corteoux, 1385 - Courtioux, 1410 - le Courtiou, 1447. Forme locale du mot courtil.

 Coutures (les), terroir, Saint-Pierre-les-Églises, au sud d'Aillé (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : couture a signifié " champ cultivé ".

 Cray, ferme, Pouzioux : - villa que dicitur Craiacus, in vicaria Ranciacinse, village qui est dit ..., dans la vicairie de ... - Guillaume de Creys, vers 1300 - le puy de Crée, 1515 - Crez, 1580. Probablement nom en -acum.

 Croix-Chambert (la), Chauvigny, près des Barballières : nom de personne attesté à Chauvigny dans le terrier de la baronnie, en 1778-1780.

 Croix-Gardemaud (la), disparue, à la rencontre du chemin des Barrières à la Fontaine et du chemin descendant de la porte Brunet : - chemin de la Porte Brunet à la Fontaine Talbat et à la croix Gardemau, 1566 et 1583.
A son emplacement, un lieu-dit " la Gardenaude " [pour Gardemaude] figure sur le plan cadastral de 1833. La famille Gardemaud est bien représentée à Chauvigny, au moins depuis le milieu du XVIe siècle. Elle a aussi donné son nom à la " tour des Gardemauds ", située sur l'enceinte extérieure de la ville haute.

 Croix-Mayaud (la), Saint-Pierre-les-Églises, sur la route de Saint-Martin, près du ponceau qui enjambe la Vichoune : - terre plantée en vigne, au lieu nommé les Sables, autrement la Vallée de Gault, près la croix Mayaud, tenant d'un bout à la closure nommée Gâte-Bourse, 1778-1780 - la Croix-Mayaud (Auber, p. 339). La famille Mayaud est bien connue (voir " Une famille chauvinoise, les Mayaud, du XVe au XVIIIe siècle ", dans le Pays Chauvinois, n° 18, décembre 1979, p. 11-16).

 Croix-Pie (la), inconnue : - de cette fontaine [des Groges] au chemin tendant à la croix Pie, 1566 et 1583.

 Croix-Pierre (la), inconnue : - franc chemin tendant de la porte Brunet au cimetière de la Croix Pierre, 1553 - rue de la Croix Pierre, 1566 et 1583. Son nom est peut-être celui d'une famille Pierre, qui est représentée en 1553 par l'aubergiste Jean Pierre.

 Cueille (la), terroir, Chauvigny rive gauche, au-dessus d'Artiges : - une pièce de vygne size au dit clos de la Queylle, que dam Perre Renol tient, 1309 (AHP X, p. 286) - clos de la Cueille, au dessus de la seigneurie d'Artiges, fermé de murailles, tenant d'un bout, à l'est, et d'un côté, au nord, au chemin de la ville au Bois-Sénebaud qui tourne à gauche, de l'autre bout, à l'ouest, au clos du Ballet, de l'autre côté, au sud, aux terres et bois nommés les Vallées des Vaux, au bois nommé les Roignons et à un petit clos de vigne nouvellement plantée, aussi nommée les Roignons, 1778-1780. Cueille signifie " côte ".

 Curebourse, maison ou loge disparue et carrière, Chauvigny rive gauche, au-dessus d'Artiges (plan cadastral de 1833, section A, 3e feuille) : mot composé du type " cure-bourse ", qui évoque la pauvreté du terroir.

 Davières (les), ferme, Saint-Martial : - les Davyères, 1309 - les Davières, 1442. Dérivé du nom de personne David, prononcé Davi. Un Johan Davy, de Chauvigny, est désigné en 1309 (AHP X, p. 263).

 Dionnerie (la), hameau, Saint-Pierre-les-Églises (forme du nom dans le DTV) : - la Guillonnère, 1309 - la Guyonnerie, 1628 - la Guionnère, 1788. Dérivé du nom de personne Guillon, avec hésitation entre les suffixes -ière et -erie.

 Échevardières (les), hameau, Bonnes : - les Eschevardières, 1549. Dérivé du nom de personne Eschevard, variante de Eschivard. Plusieurs seigneurs de Preuilly ont porté le nom Eschivard (voir le cartulaire de la Merci-Dieu, AHP XXXIV).

 Ébaupin (l'), terroir, Saint-Martial : - voie ou sentier tendant du porteau de la rue de Châtellerault au terroir de l'Esbaupin, 1545 (Tranchant, p. 199). Altération de aubépin, " aubépine ".

 Églises (les), terroir où sont situés l'église et le cimetière de Saint-Pierre-les-Eglises : - dès la Guillonnère duques aus Eglysses, 1309 (AHP X, p. 298) - jouste les Eglysses près de Chauvygné, 1309 (ibid., p. 279) - entre les Eglysses près de Chauvygné et la Varenne, 1309 (ibid., p. 279). Ce terroir doit son nom au fait que l'église paroissiale y est située, isolée, et que la paroisse a été appelée de bonne heure paroisse des Eglises : - en celle [la paroisse] des Eglysses jouste Chauvygné, 1309 (AHP X, p. 284) - en la parroisse de Pozeos, en cele des Eclises, 1309 (ibid., p. 277). C'est un phénomène toponymique rare : le centre paroissial a reçu le nom de la paroisse, alors que l'inverse est la norme. On ignore le nom de la bourgade gallo-romaine qui s'y élevait.
Une métairie dite des Églises figure en ce lieu, sur le plan cadastral de Saint-Pierre-les-Eglises de 1832. Elle est ainsi désignée en 1566, dans une déclaration des biens du chapitre de Chauvigny : - la métairie des Eglises avec ses appartenances, franche de dîme, cens, rente et tous autres devoirs et charges quelconques, avec ses bois taillis, une pièce de vigne et plante que Pierre Thévenet tient du chapitre au cinquième des fruits, contenant 25 journaux d'homme de besoche ou environ, appelée les Pierres Plates, qui est aussi des appartenances de la dite métairie.

 Épinasse (l'), village, Saint-Pierre-les-Églises : - Spinatia, vers 1080 - Espinasse, Espinace, 1309. Dérivé péjoratif du mot épine qui désigne toute plante plus ou moins épineuse.

 Essarts (les), terroir, Saint-Martial, au nord de la Tanière (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : terres nouvellement défrichées quand elles ont été ainsi désignées.

 Etat (l'), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - l'Estap, 1210, 1320 - Lestat, 1580 - Létat, 1743. Mot énigmatique qu'on retrouve dans le nom de Saint-Julien-de-l'Escap, en Charente-Maritime (anciennement : de l'Estap).

 Fleix : - villa que vocatur Flaiacus, village qui est appelé..., 924 - Flaec, 1309 - Fleec, 1320 - Fleet, 1362 - Flec, 1479 - Flez, 1494 - Flée, 1497 - Fleix, 1534... Formation du type Flaviacum, domaine de la famille Flavius, probablement gallo-romaine. La graphie Fleix, qui apparaît au XVIe siècle, est une fantaisie injustifiée, qui a malheureusement influé sur la prononciation : on entend généralement aujourd'hui le x final, alors que la prononciation locale traditionnelle était Fiée.

 Folie (la), ancienne ferme, Chauvigny rive gauche, sur l'ancien chemin de Poitiers : pas d'attestation ancienne connue. Le terme " folie " a généralement été appliqué à des constructions jugées fastueuses, à tort ou à raison.

 Fontaine-Talbat (la), source du Talbat et moulin, Saint-Pierre-les-Églises : - la Fontaine Tallebast, 1457 - moulin de la Fontayne Tallebast, 1482 - moulin Talbast, 1517 - chemin tendant de la porte Brunet à la Fontaine Tallebast, 1545 (Tranchant, p. 199) - ruisseau d'eau descendant du moulin de la fontaine Tallebastz aux moullins des Barrières, chemin tendant de la porte Coppin au moullin de la Fontayne, 1553 - planches [passerelle en bois] du moulin de la Fontaine, 1566 et 1583. Talebast est un surnom de personne qu'on trouve d'autre part dans le nom de la Talbâtière.

 Fontenelles (les), terroir, Saint-Martial, au nord de Chanterane : " les petites fontaines ".

 Fosse de Jeu (la), terroir, Saint-Pierre-les-Églises : - a la fossa a jocos, à la fosse à jeux, vers 1080 (AHP III, p. 141). Nous ignorons de quels jeux il s'agit.

 Fosse de Maupertuis (la), Saint-Martial : - voie publique tendant de la porte Brunet à la fosse de Maupertuis, 1516 (Tranchant, p. 198) - chemin de la fosse de Maupertuis au clos de Merancelles, 1566 - grand chemin de la Porte Brunet à la fosse de Maupertuis, 1566 et 1583. Mau pertuis signifie " mauvais trou ".

 Fosse Paris (la), Chauvigny rive gauche, au-dessus des carrières : nom de personne Paris. Perrot Paris est marchand à Chauvigny en 1430; feue Jacquette Paris est désignée en 1553.

 Fosses Loubines (les), terroir, Sainte-Radegonde-en-Gâtine, au sud de la Fretaiserie (IGN 25 000 Chauvigny 3-4) : fosses à loups.

 Fressinay, hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - Aimericus [Aimeri] de Frayssenay, 1289 (AHP LIX, p. 319) - Fressiney, Fressigney, 1320 - Fressinay, 1326. Dérivé du latin fraxinum " frêne ", au sens de " frênaie ".

 Froux (les), terroir, Saint-Pierre-les-Églises, au nord de l'Epinasse (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : ce terme a désigné des terrains en friche.

 Galardrie (la), hameau, Sainte-Radegonde-en-Gâtine : - la Galardrie, 1766. Dérivé du nom de personne Galard. Il en est de même de la Galardrie, hameau, Lizant, Vienne, qui est appelée Chez Gallard en 1731 (DTV).

 Galisière (la), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - Galigeria, 1281 - la Galisère, 1307 (AHP X, p. 309) - la Galeysère, 1310 (ibid., p. 267) - la Galizère, 1320 - la Gallizière, 1584. Semble dériver d'un nom de personne.

 Garenne (la), bois, au sud-est du Charrault-de-Boussec, Saint-Martin-la-Rivière : - boys appellé le boys de la Garenne d'Antré (?), vers 1300 (AHP LVII, p. 27). Une garenne est une réserve pour les lapins du même nom, exploitée par un seigneur (bois ou brousse, de préférence pierreuse).

 Garnière (la), hameau, Pouzioux : - la Garinère, la Guarinère, 1309 - la Garignère, 1320 - la Garinière, 1482 - la Garnière, 1775. Dérivé du nom de personne Garin.

 Gâte-Bourse, voir " Vallée des Goths ". Qualifie un mauvais terroir.

 Gâte-Râpe, ancien terroir aujourd'hui bâti, Saint-Martial : - terra de viridiario Gaste Rape, terre du verger de Gaste Rape, vers 1310 (AHP X, p. 306). Sens inconnu. Voir Pressou.

 Gâtineau (le), hameau, Sainte-Radegonde-en-Gâtine : - estang du Gastineau, 1547 - le Gatinneau, 1766. Diminutif du mot gâtine, qui a désigné des terroirs ou des petits pays plus ou moins difficiles à cultiver.

 Gibraltar, rocher dominant la rive gauche de la Vienne, entre le Breuil et Artiges; " pas " de pêche : ce nom, qui figure sur la carte de l'IGN au 1/25 000, est certainement une création récente, par allusion au célèbre rocher aux singes. Dans mon enfance, j'avais l'impression que le nom avait été inventé par les pêcheurs ou les habitants des environs.

 Goupillères (les), lieu aujourd'hui inconnu, près Boussec, Saint-Pierre-les-Eglises : - Marie, dame des Goupillières, veuve de Cerlies (?) Goupil, tient l'" arbergement de Goupilères "; Joffrey Goupil, valet, tient d'elle, en parage, " l'arbergement de Charrau ", vers 1300, (AHP, LVII, p. 25-27) - les Goupillières, 1483. Dérivé évident du nom de personne Goupil.

 Grange-à-Maillaud (la), hameau, Saint-Martial : - la Grange à Mayault, 1766. Pour la famille Mayaud, voir Croix-Mayaud.

 Granges (les), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - herbergamentum de Grangiis, logis des Granges, 1320 - village des Granges, 1409. Ce village comprenait deux granges, dont une pour recevoir les dîmes dues à l'évêque (Auber, p. 366).

 Groges (les), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - une desme [dîme] appelée la desme des Groges et de Petit Bonaz, vers 1310 (AHP X, p. 266) - herbergamentum suum de Grogiis, son logis des Groges, 1310 (ibid., p. 304). Le mot groge est le correspondant local du terme groie, qui désigne une terre de décomposition sur sous-sol de calcaire jurassique, généralement peu profonde. Inconnu de Littré, il figure dans le Nouveau Larousse Illustré, vers 1900, avec la définition " terrain caillouteux, dans la Vienne ". P. Rézeau le signale parmi les régionalismes (p. 162).

 Grondine (la), terroir : - closure appelée la Grondine, 1553. Nom de personne Grondin, au féminin. Le 28 avril 1309, Pierre, fils de Jean Grondin, tient à cens une " terre de la Fontaine " (AHP X, p. 260). Dans la même année 1309, Jean Grondin est désigné comme tenant une pièce de vigne située au clos du Breuil (ibid., p. 285). L'interprétation donnée dans la " chronique de Chauvigny " (endroit d'où le canon grondait lors d'un siège de la ville) n'est pas sérieuse.

 Grosbout, village, Bonnes : - Grosbou, 1456 - Grozboz, 1505 - Grozboux, 1594. Littéralement " gros bois ".

 Grosses Pierres (les), sur le chemin de la ville à la Fontaine, à droite : - le fief des Marais, tenant à la porte Copin, au chemin de cette porte à la croix Gardemau et de là au chemin tendant aux Grosses Pierres, le long des coteaux de la garenne de la baronnie, 1566 et 1583. Sur ces pierres, voir Le Pays Chauvinois, n° 19, 1980, p. 26 et note 7 p. 29.

 Guiraudières (les), terroir, Chauvigny rive gauche, aujourd'hui bâti : - vignes de la Guiraudière, 1566 (voir Maladrerie) - terres nommées les Guiraudières, prétendues mouvantes du prieuré de Saint-Just, 1778-1780 - la vigne des Guiraudières anciennement nommée le Champ Barballon, laquelle vigne le sieur Chambert prétend être mouvante du prieuré de Saint-Just, 1778-1780. Dérivé du nom de personne Guiraud. Ce terroir a été donné à l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers par l'évêque Isembert 1er, lors de la fondation de l'église Saint-Just, vers 1025. Le Champ Barballon conserve également le souvenir d'un ancien propriétaire.

 Herpinière (l'), ferme, Bonnes : - l'Erpinère, 1309 (AHP X, p. 269) - herbergement de l'Erpinère, 1310 (ibid., p. 267) - Lerpinière, 1490 - l'Herpinière, 1634 - l'Arpinière, Cassini. Dérivé du nom de personne Erpin (Morlet, I, p. 41b : Erpinus).

 Houillères (les), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - les Ollères, 1309 (AHP X, p. 298) - les Oulières, 1478 - les Houllières, les Houlières, 1547. La graphie Houillères, généralement adoptée aujourd'hui, n'est pas justifiée. Le mot oulière, dérivé du latin olla " pot, marmite ", désignait une poterie. L'abbé Auber a signalé en ce lieu deux fours " servant à des potiers de terre, dont l'industrie était assez grossière, si l'on en juge par des fragments de vaisselle épars çà et là " (p. 379).

 Jouardière (la), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - la Jouardère, 1497 - la Jouardière, 1503 (DTV). Dérivé du nom de personne Jouard (composé du type gaut-hard ; Morlet, I, p. 105 b).

 Lavau, hameau, Bonnes : - la Vau, 1456 - la Veaux Saint-James, Cassini. Vau signifie " vallée ". L'addition Saint-James, de la carte de Cassini, s'explique par le fait que le lieu a été possédé par les Porcheron, qui se faisaient appeler " de Saint-James ". Voir Bois de Saint-James.

 Litres (les), terroir, Saint-Martial, près la Grange à Maillaud : de l'ancien français listre " bande, bordure ", qui a survécu sous la forme litre, au sens de " bande funéraire noire qu'on tend autour des églises ". Ce terroir est constitué de longues parcelles.

 Luché, village, Saint-Pierre-les-Églises : - Louchiec, 28 avril 1309 (AHP X, p. 259) - Luchec, 1320, Luchet, 1401 (DTV). Probablement nom en -acum, de type Lupiacum, dérivés du nom de personne Lupus.

 Mais (les), ferme, Bellefonds : - les Mez, 1482 - village d'Esmée, 1590 - les Mées, 1609. Probablement les Mes, c'est-à-dire " les mas ". Dans la coutume de Poitou, le mas est défini comme une exploitation à quatre boeufs. Le terme s'est conservé jusqu'au XVIIIe siècle au moins, dans la région, sous la forme " mas ", dans des expressions de sens vague, comme " un mas de terre ".

 Maison-Rouge (la), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - vente du lieu appelé la Maison-Rouge, par Mathurin Doré, licencié es lois, à Jean Picard, laboureur à Chauvigny, 1550 (D'Arboval, p. 28) - maison avec jardin es faubourgs, tenant au cimetière de l'Aumônerie et aux terres de la Maison Rouge, 1553 - maison es faubourgs, chemin de l'Aumônerie à la Maison Rouge, 1553.
Aucun document connu ne permet d'expliquer ce nom, qui n'est en rien lié au passage d'une " voie romaine ".

 Maladrerie (la), village, Chauvigny et (autrefois) Jardres [prononcé maladrie] : - domus infirmorum, "maison de malades", 1019-1027 (AHP III, p. 137) - leprosaria prope villam, "léproserie près de la ville", vers 1300 - la Malladerie, 1457 - pré et chènevière près la maladerie et devant celle-ci, joignant le fleuve de Vienne, 1553 - cimetière de la Maladrie, 1566 - lieu, hébergement et maisons, vignes et jardin de la Maladrie, tenant au grand chemin de Chauvigny à Poitiers et au chemin d'Artiges et, par le dessus, aux vignes de la Guiraudière, 1566 - village de la Maladerie, 1778-1780. Forme primitive : maladerie, déformée en maladrerie sous l'influence du mot ladre "lépreux".
De cette léproserie, il ne reste que la croix du cimetière, qui était naguère un but de " voyage ". Le voyage devant être accompli sans parler, le " pèlerin " se faisait accompagner par une personne qui répondait éventuellement à sa place. Les quelques sous déposés en offrande étaient récupérés par les enfants du voisinage (souvenirs de famille).

 Maraiche (la), fermes, Bellefonds : - le herbergement de la Maresche, pres de Belle Fons, et la gaygnerie apartenant audit herbergement, 1309 (AHP X, p. 269). Probablement type marisca, féminin de mariscus " marais ".

 Marais (le), hameau, Saint-Pierre-les-Églises [prononcé marâ] : - le Marays, 1344, le Maroys, 1403. Quatre habitations, presque entourées au nord par des eaux stagnantes qui y demeurent une grande partie de l'année (Auber, p. 364).

 Marchais (le), ferme, Saint-Martial : mare ou lac. Dans l'acte de dotation de l'abbaye de l'Etoile, on lit, pour un autre " Marchais " : " un grand lac qui est dit vulgairement du Marchais " (Gallia Christiana, tome II, Instrumenta, colonne 378, n° LXIII).

 Marchais Fou (le), terroir, Saint-Pierre-les-Églises, à l'est des Groges (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : - les cens de Marchefou... es diz clos de la Coste et de Marchefou, 1309 (AHP X, p. 259). Cette forme ancienne est peu claire.

 Marencelles (les), terroir, Saint-Martial : - decimam de Porta et de Mansancelles, inter decimam dicti domini episcopi ex una parte et decimam canonicorum Sancti Petri Calvigniaco ex alter; item et decimam dimidii jugeris vinee, siti in dicto clauso de Mesancelles, la dîme de Porte et de Marencelles, entre la dîme du dit seigneur évêque d'une part, et la dîme des chanoines de Saint-Pierre de Chauvigny de l'autre; et de même la dîme d'un demi juger de vigne sis dans le dit clos de Marencelles, 1309 (AHP X, p. 281) - chemin de la fosse de Maupertuis au clos de Merancelles (1566), Merancelle (1583). Origine inconnue.

 Mareuille (la), forêt, Saint-Pierre-les-Églises, ancien domaine des évêques de Poitiers, en leur baronnie de Chauvigny : - nemus de Marolia, bois de Mareuille, 1307 - la forest de la Marueille, 1309 - fourest de Maruilhe, 1366 - fourest de Mareulhe, 1414 - chemin de la porte Coppin à la fourest de Mareuilhe, chemin des Barrières à la forest de Mareuilhe, 1553. Ces formes anciennes montrent que la graphie Mareuil, souvent usitée actuellement, est fautive.

 Mazère, terroir, en limite de Saint-Pierre-les-Églises et Saint-Martin-la Rivière : - gardas deu Mazères, gardes des Mazères, 1309 (AHP X, p. 302). Représente le latin maceria, " mur de clôture en pierres sèches ", qui a pris le sens de " ruines ". Christian Richard a publié une photographie aérienne qui met en évidence la disposition des constructions.

 Migné, ferme, Jardres : - le herbergement de Maygnec, et les apartenances, la guaygnerie apartenant au dit herbergement, 1309 (AHP X, p. 271) - Meygné, 1326 - Meigné, 1550 - Migné, 1641 - Meigny, 1601. Nom d'époque gallo-romaine en -acum, probablement Magnacum. La francisation de la finale, constatée en 1601, n'a pas prévalu.

 Mingotières (les), hameau, Bonnes : - les Mingotières, 1466. Dérivé du nom de personne Maingot.

 Montafilant, terroir près de Chalonges, Saint-Pierre-les-Églises : Auber a cru y voir les ruines d'un château (p. 391-393). Des fouilles de la Société de Recherches de Chauvigny ont révélé des substructions gallo-romaines. Nous ignorons où l'imagination romantique qui a situé ici un château de rêve a pris le nom Montafilant.

 Montagu, terroir, Chauvigny, près la route de la Fontaine [prononcé Montayu]. " Le mont aigu ".

 Montauban, ruines envahies par la végétation, Saint-Pierre-les-Églises. Rédet a attribué à ce lieu un Perrinellus de Monte Albano, Perrineau de Montauban, désigné dans un acte de 1320, et signalé une " tenue de Montauban ", en 1623. Nom énigmatique, qu'on croirait inspiré par la légende de Renaud de Montauban. Cependant une " fosse de Montauban ", sise sur le ruisseau appelé Montauban, est nommée dans le terrier de la baronnie, en 1778-1780. D'autre part, le ponceau de la rue de la Paix qui enjambe ce ruisseau est dit " pont de Montauban " dans le même document. Il est possible qu'une famille dite de Montauban ait laissé son nom à ces lieux. On peut aussi envisager une altération de Montauboin en Montauban, comme pour Saint-Jacques de Montauban, Deux-Sèvres, qui est dit mons Alboini en 1038 (D.T.D.S.).

 Moquequion, terroir, Chauvigny : - lieu et terre appelé Moquequion (Mocquequinon en 1583), commençant à la chènevière et à la vigne des hoirs feu Jean Ronay, suivant le chemin de la Croix Gardemau aux Grosses Pierres, de celles-ci montant au grand plan de la garenne du seigneur, du dit plan tirant le long des vignes et terres des hoirs feus Antoine Barre et Jean Boucault jusqu'au grand chemin du village de la Barre à Chauvigny, du dit chemin au noyer à Guichard et descendant le long de la courance d'eau au chemin de la Croix Gardemau aux Grosses Pierres, 1566 et 1583 (PC n° 19, 1980, p. 27).
Lieu probablement inexploité car aucun tenancier n'est mentionné. Nom inexpliqué, à moins qu'on soit en présence d'un type
moque-clion, "qui se moque de barrière", n'en ayant pas besoin à cause de son état.

 Mouchoir (le), Chauvigny, petit lieu-dit d'une seule parcelle (plan cadastral de 1833, section B, 3e feuille) : parcelle grande comme un mouchoir.

 Moulin des Dames (le), moulin sur la Vienne, Chauvigny, avec maison, Saint-Martial : - les molins aus nonnayns de la Poue, " aux nonnes de la Puye ", 1309 (AHP X, p. 268) - le moulin aux Dames, 1482. Le texte de 1309 dispense d'explication.

 Moulin Milon (le), moulin sur la Vienne et village, Saint-Pierre-les-Églises : - ainsi désigné en 1566 et 1583 - le moulin à Millon, 1604. Nom de personne. Auber donne des détails sur cette famille de meuniers (p. 387).

 Parelle (la), hameau, Pouillé : - la Perère, 1385 - la Parère, 1450 - la Parière, 1453 - la Paresle, 1513 - la Parayre, 1560. Altération de l'ancien poitevin perère " pierrière, carrière ".

 Parthenaiserie (la), maison rurale, Chauvigny rive gauche : - Chez Partenay, 1543; la Partenaiserie, 1644. Dérivé de nom de personne, comme l'indique la citation de 1543.

 Perrets (les), terroir, Saint-Martial, rue porte Chevreau ouest : - lieu appelé la cour des Perrets, en la ville et faubourgs de Chauvigny, 1553 - jardin et lieu des Perrets, es faubourgs de cette ville, sur le chemin de la porte Harnault à la chapelle de Notre-Dame de Grâce, 1553 - la court des Perrets, une petite place qui fait l'entrée des Pérets, assise près Notre Dame de Grâces, 1566 et 1583.
Du nom de personne
Perret. En 1353, Guyot Perret est châtelain et receveur d'Alix d'Harcourt, dame du château d'Harcourt à Chauvigny (Inv. som. G 40).

 Peuron, ferme, Chauvigny : - Podium Rotondum, Puy Rond, vers 1025 (AHP III, p. 137). La forme " le Peuron ", qu'on peut lire depuis quelque temps, est fautive. On disait couramment " aller en Peuron " et non " au Peuron ".

 Piécourtault, hameau, Saint-Martial : - Puycourtaut, 1429, Puycourtault, 1527. Altération de Pé Courtaud, non attesté, sous l'influence du mot " pied ". C'est le " puy " d'un nommé Courtaud.

 Pied Chevrier, terroir, Bonnes, au dessus du bourg (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : même altération que ci-dessus, de la forme locale , de puy " hauteur ". Le sommet de cette bosse, à l'altitude 92, dépasse d'une trentaine de mètres le niveau de la Vienne. Chevrier semble indiquer que le terroir était abandonné aux chèvres, à moins qu'il s'agisse d'un nom de propriétaire. Pied-Martin, qui est voisin, culmine à 96 mètres.

 Pierre Plate, terroir, Saint-Pierre-les-Églises : - 1566. Voir Églises (les).

 Pierrière (la), terroir, Chauvigny, près Peuron : ce terme a désigné autrefois une carrière. Voir Parelle.

 Pin (le), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - villa Pinum, village du Pin, vers 1090 (AHP III, p. 139) - herbergement do Pyn Saint Savynoz, 1309 (AHP X, p. 263) - village du Pin, 1403 - le Pain, 1788. Saint Savynoz signifie " sur le chemin de Saint-Savin ".

 Plantemont (carte IGN), Vignes de Plantemon (plan cadastral de 1832), terroir, Saint-Martial : altération probable de Plan de Monts, sous l'influence du mot plante (voir ci-dessous : Plantes).

 Plantes (les Hautes et les Basses), terroir, Chauvigny rive gauche; Plantis (le), terroir, Saint-Pierre-les-Églises : " plante " désigne en général une jeune vigne, " plantis " un terrain consacré à la vigne.

 Pontonnière (la), hameau, Saint-Martial; ancien fief relevant de la baronnie de Chauvigny : - le herbergement de la Pontenère, 1309 (AHP X, p. 282) - la Pontenière, 1547 - la Pontonnière, 1766. Peut-être nom de personne Pautonnier au féminin. Un Isembert Pautonnier est présent à la donation de l'église Saint-Bonifet à Saint-Cyprien de Poitiers, vers 1075 (AHP III, p. 135) et de la moitié de l'alleu d'Aillé au même établissement, vers 1090 (ibid., p. 139).

 Pouvreau, ferme, Saint-Martial : - mestairie Pouvreau, 1567. Nom de personne.

 Pouzioux : - Pozeos, parochia de Poseo, parroisse de Pouzioux, 1309 - Pouseoux 1379 - Pouzeoux 1478 - Pouzioux 1723, 1782. Diminutif tardif du latin puteus " puits ". Le suffixe semble être -ellu, plutôt que -eolu.

 Prébende (la), terroir, Saint-Pierre-les-Églises : - les prés du chapitre, les uns appelés les prébendes, les autres les prés communs, situés entre le Moulin Milon et la Varenne, 1566 et 1583. Le mot prébende désignait un revenu attaché à un canonicat (Auber, p. 309). Les prés communs dépendaient de la " mense commune " ; leur revenu était affecté à la recette générale du chapitre.

 Prés Gains (les), Chauvigny, terroir, près de Fessais : prés à regain, qu'on met en défens au printemps, pour y pratiquer plusieurs coupes.

 Pressec, village, Jardres : - Prissec, 1309 (AHP X, p. 263) - Prisscec, 1326 - Prinssec, Pressec, 1491 - Louise Porcheron, dame de Prissec, 1553. Probablement type Prisciacum, domaine de la famille Priscius. La prononciation traditionnelle est Prissec.

 Pressou, terroirs

1° - chemin par lequel on descend du Grand Marché au Pressou, sentier descendant du Marché de cette ville au Pressoux, voie par laquelle on descend du petit husset au Pressoux, chemin tendant de la porte Coppin au Pressoux, 1553

2° - trois pièces de vignes assises en Pressou, tenant d'une part au grand chemin de la Porte Brunet à la fosse de Maupertuis, d'autre et par le dessus à une venelle par laquelle on va des dites vignes au clos de Gâte Râpe, d'autre aux terres de Léon Pignonneau, écuyer, et par le dessus aux vignes des Bonnestats, 1566 et 1583 (PC n° 19, 1980, p. 27).

Forme locale du mot "pressoir".

 Proquins (les), bois, Pouillé (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : altération probable du nom de personne Pelloquin.

 Proterie (la), fermes, Leignes : - la Perrotterye, 1569 - la Perrotrie, 1599 - la Perottrie, 1618. Dérivé du nom de personne Perrot.

 Quéreux (le), hameau, Saint-Pierre-les-Églises (graphie de DTV) : pas de forme ancienne connue. Le sens primitif de querreu est " carrefour ".

 Rénières (les), terroir, Saint-Pierre-les-Églises, au sud-est de Villeneuve : nom de personne au féminin : Rainier, Régner.

 Rigane (la), terroir, Chauvigny, près des Champs de Fessais : rigane désignait un ruisseau intermittent, un ravin.

 Rivière-aux-Chirets (la), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - Riperia, la Rivière, 1328 - la Rivère au Chirez, 1400 - la Rivière aux Chiretz, 1542. Le mot " rivière " désigne ici la rive de la Vienne; en venant de Poitiers par la voie romaine, on débouche dans la vallée à la Rivière-aux-Chirets. Chirets doit désigner des propriétaires ou occupants : vers 1300, une famille Chiret habite au village voisin de Boussec : " l'abergement aus Chirés " (AHP LVII, p. 26).

 Roche-Hennequin (la), rive gauche de la Vienne, sur le chemin de Saint-Martin : - pré au bord de la Vienne, près la Roche Jenequin, 13 août 1411 (Inv som) - bois taillis de la Roche-Hennequin, 1778-1780. Roche semble avoir ici le sens de " cave creusée dans le rocher ". Le déterminant est un nom de personne d'origine vraisemblablement flamande.

 Rochefort, terroir, Jardres, près du Breuil (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : - vineas sitas in closo de Ruppe Forti prope Calvygniacum, vignes situées dans le Clos de Rochefort, près Chauvigny, 1307 (AHP X, p. 309). Le nom Rochefort, qui s'applique généralement à des lieux fortifiés, doit être ici un nom d'importation.

 Rognons (les), terroir, Chauvigny, au-dessus d'Artiges : - une pièce de terre en Roygnon, 1309 (AHP X, p. 270) - bois nommé les Roignons et petit clos de vigne nouvellement plantée, aussi nommée les Roignons, 1778-1780. Origine inconnue.

 Sablière (la), terroir, Chauvigny, rive gauche : - en terroir de la Sablière, au-delà du pont, une pièce de vigne tenant d'une part au cimetière de la Maladrie, d'autre au chemin de Chauvigny à Poitiers, d'autre au chemin de la Maladrie à Artiges, 1566 et 1583. Le sable n'est pas rare entre la Maladrerie et Artiges.

 Saint-Flovier, terroir non identifié, désigné en 1553 : surnom de personne; en 1309, Geoffroy, Venan et Eudes de Saint-Flovier, sont désignés dans un dénombrement du fief de Chitré, qui relevait de Chauvigny (AHP X, p. 276).

 Saint-Pierre-en-Haut, hameau et ancienne chapelle, Bonnes : - vallis Sancti Petri ad Vigennam, sans date - chapelle de Saint Pierre en Vaux, 1612 - Saint-Pierre en Vault, 1648. Lieu où se retira Isembaud de l'Etoile avant de fonder l'abbaye de l'Etoile. A l'origine : Saint-Pierre " en vallée ". L'altération est évidemment due à l'altitude du lieu.

 Salmondières (les), hameau, Pouillé et Jardres [prononcé Salmaudiéres] : - la Salmondère, 1385 - les Salmondères, 1410 - les Salmondières, 1437 - maison vulgaument appellée les Psalmondières, qui anciennement fut de feu Jehan Psalmon, 1451. Cette dernière mention montre l'origine du nom : dérivé du nom de personne Salmond.

 Sauvion (le), terroir, Saint-Martial, près le Châtaignier : nom de personne. La porte Oger a été appelée porte de Sauvion (terrier de la baronnie de 1778-1780). Le 30 novembre 1415 est désigné un James Sovion, notaire et juré des cours spirituelle et temporelle de Chauvigny (AHP X, p. 218-219).

 Stère (la), ferme, Saint-Pierre-les-Églises : - la Sitière, 1553. Origine inconnue.

 Taillegour, hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - Taillegouille, 1628 - Taillegoulle, 1764. Nom obscur.

 Talbâtière (la), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - Johan de la Thalebastère, valet, 1309 (AHP X, p. 268) - la maison de la Talebastère, herbergement de la Talebastère, 1309 (AHP X, p. 258) - la Talabatère, 1326 - la Talebastière, 1457 - la Tallebastière, le sieur de la Tallebastière, 1553. Dérivé d'un surnom Talebast.

 Talmont, ruines d'un château et hameau, Bonnes : - Willelmus de Thalemundo, Guillaume de Talmont, 1229 - Talemont, 1309 - Thalmont, 1458 - Thallemond, 1547. Nom de personne d'origine germanique, généralement latinisé en Talamundus. On rencontre un Talamundus comme témoin, vers 1060, dans la région de Lusignan (AHP III, p. 275, n° 437).

 Teil (le), ancien château, Bonnes : - Petronus [Pierre] de Thel, 1004-1018 - Helias [Hélie] del Tel, 1087-115 - dau Tel, vers 1118 - fief de Teilh, 1460 - le Theil, 1661. Teil signifie " tilleul ".

 Tenue de Fromon, terroir, Lavoux, à l'ouest de la Chaumillère (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : le terme tenue désignait généralement une possession " roturière ", soumise à un cens ou à un terrage. Cette " tenue " a dû appartenir à un nommé Fromont.

 Tessec, ferme, Saint-Martial : - villa Teisec, village de Tessec, vers 1090 (AHP III, p. 139) - les terrages de Taysset, ... Tessec, 1309 (AHP X, p. 262) - herbergement de Tessec, 1309 (ibid., p. 286). Probablement nom en -acum.

 Trageau (le), terroir, Saint-Martial : prononciation de " terrageau ", terrain soumis à la redevance du " terrage " (partie de la récolte due au seigneur foncier).

 Trait du Moulin aux Dames (le), terroir, Saint-Martial (plan cadastral de 1832) : prononciation locale du mot poitevin terrer, correspondant au français terrier, au sens de " hauteur ". A Artiges, au droit de cette hauteur, on disait " sus les trés ".

 Triaudière (la), hameau, Saint-Pierre-les-Églises : - la Truaudère, 1320 - la Truyaudière, 1503 - la Triaudière, 1551. Semble dériver d'un nom de personne.

 Turluret (le Grand et le Petit), sentiers se réunissant à la porte de Châtellerault : - voie ou sentier tendant du porteau de la rue de Châtellerault au terroir de l'Esbaupin, 1545 (Tranchant, p. 199) - pièce de terre appelée Tureluret, partie en vigne et partie en labourage, contenant trois bétuzées de semence ou environ, à Jean Pierre, hôte des Trois Piliers, tenant d'une part au sentier ou voie par lequel l'on va du querriou du Boiceau à Notre-Dame de Grâce, d'autre part au chemin tendant au village de la métairie, 1553. Inexpliqué.

 Vallée des Goths (la), Saint-Pierre-les-Églises; vallée, en quelques points étroite et profonde, qui traverse la commune de Saint-Pierre-les-Eglises du sud-est au nord-ouest (DTV) : - terre plantée en vigne, au lieu nommé les Sables, autrement la Vallée de Gault, près la croix Mayaud, tenant d'un bout à la closure nommée Gâte-Bourse, 1778-1780 - vallée Desgault, 1791 (Le Pays Chauvinois, 1989, p. 33; article de Christian Barbier) ; - Les propriétaires de tout le terrain depuis la Varenne jusques à la vallée des Gots ont arraché de nombreux fondemens pour cultiver leurs champs qui, auparavant, étaient presque tous arides (Narcisse Piorry, Chronique de Chauvigny, p. 17; écrit entre 1824 et 1827) ; - tandis que les deux autres branches de l'armée se portaient l'une sur l'Auvergne, qui voulait aussi résister, et l'autre vers le Berri, où elle passa par la grande route faite par les Romains près de Chauvigny. C'est là qu'ils [les Francs] rencontrèrent une armée formidable de Visigots, sur les bords de la Vienne; il s'y fit une sanglante bataille et un grand carnage de part et d'autre, mais la victoire fut encor pour les Francs et le reste de l'armée des Visigots fut presque entièrement détruite (sic), sur la rive en deçà de la Vienne, et près de la ville de la Vallée des Saules, laquelle, en mémoire de cette bataille, porta désormais le nom de la Vallée des Gots " (Chronique de Chauvigny, p. 43).

 Dans les citations de 1778-1780 et 1791, la graphie -au doit marquer un ô long. Il est évident que les personnes qui ont écrit ces textes ne pensaient ni aux Goths ni à Clovis et devaient ignorer la légende de la bataille de 507, rapportée par la Chronique de Chauvigny et largement amplifiée par Pol Jouteau. Cependant, en l'absence de textes assez anciens, on ne peut proposer une explication certaine. Peut-être "vallée des Gaud", Gaud étant alors un nom de famille.

 Varenne (la), terroir, Saint-Pierre-les-Églises : - ... cum bone memorie Mauricius, quondam episcopus Pictavensis, nobis legasset decem libras annui redditus, pro anniversario suo, percipiendas super vineis de Varena Calvigniaci et super molendino de Dycayo..., comme Maurice, de bonne mémoire, évêque de Poitiers, nous avait légué dix livres de rente annuelle, pour célébrer son anniversaire, à percevoir sur les vignes de la Varenne de Chauvigny et sur le moulin de Dissay..., 11 juillet 1249 (AHP X, p. 37) - une pièce de terre assise en la Varenne, entre la terre de la Mayson Dé [la Maison-Dieu de Montmorillon] d'une partie et la terre monseignor Hugues Helye d'autre partie, 1309 (ibid., p. 286) - prez qui sunt entre les Eglysses pres de Chauvygné et la Varenne, 13 juin 1309 (ibid., p. 279) - chènevière près la Varenne, 1553 - maison avec jardin attenant, tenant aux vignes du clos de la Varenne, 1553 - lieu nommé la Varenne et anciennement la Clousure de la Varenne, au dessus du faubourg de l'Aumônerie, tenant d'un bout, vers l'est, au chemin du dit faubourg à Saint-Martin-la-Rivière, sur main droite, d'autre bout, à l'ouest, aux terres de la tenue des Favre de la Varenne, d'un côté, au sud, à une terre de la tenue des terrages de la Petite Varenne, et d'autre côté à une terre de la tenue des terrages de la Grande Varenne, 1778-1780.
 
Varenne désigne une terre, généralement appréciée. Selon Riffault, les varennes sont des " sols sablonneux plus ou moins limoneux, à sous-sol très siliceux et souvent graveleux " (p. 38-39).

 Vaucour, ferme, Saint-Pierre-les-Églises [prononcé Vaucor] : - Vaucorp, 1307, Vaucourt, 1320, Vaulcourt, 1535. Nom obscur.

 Vaurenoux, terroir, Bonnes, au nord-ouest du Breuil (IGN 1/25 000 Chauvigny 3-4) : vau Renou, " vallée d'un nommé Renou ". En 1309, Pierre Renou tient une pièce de terre au Corps Saint et des vignes dans le Clos de Rochefort " près Chauvigny "... (AHP X p. 308-309).

 Venageans (les), Chauvigny (graphie du plan cadastral de 1833) : - terroir de Vannageant, 1566 -  chemin par lequel on va en Vannagent, 1583. Peut-être nom de personne d'origine flamande.

 Vernelle, hameau, Saint-Martial : - Vernelles, 1547 - Veronnelles, 1566. Diminutif probable de verne, vergne, " aulne ".

 Vichoune (la), nom donné à Chauvigny au ruisseau issu du village de Servon (commune de Leignes) : sur une partie de son cours on l'appelle le Servon, du nom de sa source. Le mot vichoune était usuel localement pour désigner tout petit cours d'eau; ainsi parlait-on de " la vichoune de la Barre ". Il semble être un double diminutif de ève " eau " (forme èvichoune, altérée en vichoune). Voir un article de Pierre Sailhan sur ce ruisseau, dans le Pays Chauvinois, n° 7, année 1968, p. 16-22.

 Non publié.